
Depuis 2019, chaque inauguration d’une route ou réhabilitation, est un spectacle. La dernière que vient d’effectuer le ministre de l’Equipement concernant le tronçon Sélibaby-Tijikja cache une réalité brutale, le non-respect des délais de livraison.
Le gouvernement de Ould Diay aime annoncer des routes. Le ministre de l’Equipement aime couper des rubans. Il aime promettre des “axes structurants”, des “réalisations historiques”, des “projets stratégiques”. Mais ce que vivent les citoyens, ce que vivent les chauffeurs, les commerçants, les familles endeuillées, c’est tout autre chose : un réseau routier qui s’effondre, qui tue, qui isole, qui ruine. Pour les observateurs, la route mauritanienne est l’une des plus chères dans la sous-région à cause de l’immensité du territoire désertique. Mais la qualité est parmi les plus faibles avec des appels d’offres verrouillés et des entreprises choisies pour leur proximité politique, pas pour leur expertise. La route est devenue un business et une hécatombe silencieuse avec plus d’une vingtaine de ports chaque jour. La modernisation annoncée par le premier ministre c’est de la poudre aux yeux. Les réalisations sont mal faites et coûtent chers au contribuable. Il est temps de rompre avec la politique du ruban et de l’annonce.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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