
Bien cette application de transfert d’argent, de dépôt et/ou retrait soit une sorte de révolution dans les échanges en Mauritanie, elle n’a été exploitée dans toutes ses dimensions.
Bankily, il faut être mauritanien pour comprendre cela. Surtout locuteur d’une de nos belles langues qu’est le Hassanya différent de l’arabe. C’est une fusion d’un mot français « Banque » et « adeeli » (fais pour moi).
C’est une entreprise privée. La dénomination ne pose pas problème tant que ce n’est pas l’Etat qui impose des expressions qui ne trouvent écho que dans une seule langue à côté des autres. Nous avons plusieurs structures qui portent des noms hassanophones ou arabisés : « Taazour », « Houwiyeti », « Emel », « Dari », « Temwine », « Chema », « Aoun », « Taamir »…
Mais que l’Etat déversent dans cela sans rajouter d’autres expressions en Pulaar, Olof, Sooninké, relève d’une politique d’exclusion.
Pour revenir, à notre app Bankily : il faut avoir une carte SIM impérativement pour bénéficier d’un compte. Pour avoir une carte SIM, il faut que les empreintes biologiques soient prises. Cette spécificité mauritanienne qui n’a aucun sens que pour les régimes militaires est inquiétante.
Bankily de la Banque Populaire de Mauritanie (BPM) existe aux côtés de Masvari de la Banque Mauritanienne pour le Commerce International (BMCI), Click de la Banque Nationale de Mauritanie (BNM), de Moov Money de l’opérateur téléphonique Mauritel et de Barid Cash de Mauripost.
La question qu’il faut se poser : pourquoi Bankily n’a pas fait faire des tests et faire valider par les équipes techniques ? Que dire des testeurs QA, la cybersécurité et, selon l’importance de la modification ? Les équipes de conformité et l’autorité de régulation compétente ne devraient-elles pas faire le job en amont afin de garantir la sécurité et bon fonctionnement de l’application ?
Bankily est le portefeuille de beaucoup de mauritaniennes et mauritaniens. Ce bug a généré des dommageables pour nos concitoyens. Ne ps avoir accès à son portefeuille (Wallet) est pénible. Où sont les régulateurs ? Les agents de l’Etat ? Aucune communication ?
Qu’en est-il du contrôle de la Banque centrale sur la disponibilité des fonds, la fiabilité de l’application, la sécurité des transactions et la continuité du service ?
Quels seront plans de continuité ?
Les bugs ont démontré la confiance des utilisateurs et la crédibilité de tout le système financier numérique qui sont en jeu.
Souleymane Sidibé
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