Mali : frappes aériennes de l’armée à Kidal, contrôlée par les rebelles touareg ; la France recommande à ses ressortissants de quitter temporairement le pays

Les indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad ont l’intention de prendre le contrôle des régions maliennes de Gao, Tombouctou et Ménaka, dans le nord du pays, a affirmé leur porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane.

AFP – L’armée malienne a mené, mercredi 29 avril, des frappes aériennes sur Kidal, ville du nord du Mali passée sous le contrôle des rebelles touareg et de leurs alliés djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM) depuis leurs attaques ce week-end contre des positions stratégiques de la junte au pouvoir, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de source sécuritaire et auprès des indépendantistes touareg.

Le Mali fait face à une situation sécuritaire critique et est en proie à l’incertitude après ces attaques coordonnées et simultanées à travers le pays, qui ont coûté la vie au ministre de la défense et à au moins 23 morts civils et militaires. Ces attaques ont été lancées samedi par les djihadistes du GSIM et la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ce dernier groupe, composé de communautés touareg, peules et arabes notamment, revendique le territoire de l’Azawad, dans le nord du Mali, et y contrôle désormais la ville de Kidal.

« Nous avons mené quelques frappes visant le camp militaire [de Kidal] et des combattants qui se trouvaient au niveau du gouvernorat [de la ville]. Nous ne comptons laisser aucun répit à ces ennemis », a affirmé mercredi à l’AFP une source de sécurité. L’information sur ces frappes aériennes a été confirmée par un responsable du FLA.

« Notre objectif est que la Russie se retire »

Par ailleurs, les rebelles touareg ont attaqué un petit camp militaire à Gourma Rharous, une localité dans la région de Tombouctou, a déclaré à l’AFP une source de sécurité. « Les renforts sont en route mais, dans tous les cas, vous savez que leur objectif n’est pas d’y rester », a souligné cette source auprès de l’AFP.

Les indépendantistes du FLA ont l’intention de prendre le contrôle des régions maliennes de Gao, Tombouctou et Ménaka, dans le nord du pays, a affirmé à l’AFP leur porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane. « Nous avons déjà libéré Kidal, Taoudenni était déjà sous notre contrôle, Gao, Tombouctou et Ménaka (…) seront nos prochains objectifs à libérer », a-t-il déclaré lors d’un passage à Paris.

Les paramilitaires russes de l’Africa Corps doivent aussi se retirer, selon ce responsable touareg : « Notre objectif est que la Russie se retire définitivement de l’Azawad [nord du Mali] et, au-delà, de tout le Mali. » « Toutes les confrontations que nous avons eues avec les Russes, nous les avons gagnées », assure Mohamed Elmaouloud Ramadane.

Ses messages font écho à celui diffusé, mardi, par Bina Diarra, un des porte-parole du GSIM, qui a déclaré : « A partir d’aujourd’hui, nous bloquons Bamako (…). Personne n’y entrera plus » jusqu’à nouvel ordre.

Quitter temporairement le Mali « dès ​que possible »

Après plusieurs jours d’absence et de mutisme, le chef de la junte au Mali, Assimi Goïta, s’est adressé à la nation sur l’ORTM, la chaîne publique, mardi soir : « Le plan funeste de l’ennemi a été déjoué avec la neutralisation d’un nombre important d’assaillants », a-t-il déclaré, assurant que « la situation [était] maîtrisée ». M. Goïta a toutefois reconnu une situation d’« extrême gravité ». Il a appelé la population à un « sursaut national » et à « s’ériger contre la division et la fracture nationale ». « Le Mali a besoin de lucidité et non de panique », a-t-il insisté.

Après les attaques, la France recommande à ses ressortissants de quitter temporairement le pays : « Après les attaques du samedi 25 avril dans plusieurs localités du pays, dont Bamako, ⁠la situation sécuritaire demeure extrêmement volatile », écrit le ministère des affaires étrangères dans un avis aux voyageurs mis ⁠à jour, ‌rappelant qu’il « reste formellement déconseillé de se rendre au Mali, ​quel que soit le motif. Il est recommandé aux ressortissants français de prévoir un départ temporaire du Mali ‌dès que possible ‌par les vols commerciaux encore disponibles ».

« Dans ce contexte évolutif, les ressortissants français encore présents au Mali sont vivement incités à demeurer chez eux et à rester au contact de leur famille et de leurs ‌proches, en les tenant régulièrement ‌informés, ⁠écrit le ​Quai d’Orsay. S’ils doivent se déplacer, ils sont appelés à faire preuve de ​la plus grande prudence. » Selon ⁠des données 2025 du ministère des affaires étrangères, 4 198 Français ‌sont inscrits au registre ​consulaire au Mali.

 

 

Source : Le Monde  avec AFP et Reuters

 

 

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