Le HuffPost – Le détroit d’Ormuz n’a pas fini de faire parler de lui. Après avoir annoncé la veille sa réouverture complète pour les navires commerciaux, l’Iran a reverrouillé cette route maritime stratégique en représailles du blocus des États-Unis sur les ports iraniens. « [S’il] se poursuit, le détroit d’Ormuz ne restera pas ouvert », avait affirmé sur X le président du parlement de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Téhéran avait « accepté de bonne foi d’autoriser le passage d’un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux » mais les Américains, violant leur engagement, « continuent de se livrer à des actes de piraterie sous couvert du soi-disant blocus », a dénoncé le commandement des forces armées iraniennes.
« Pour cette raison », la situation est revenue « à son état antérieur, et ce passage stratégique est désormais placé sous le contrôle strict » de l’Iran, a-t-il ajouté. Il faut dire que Donald Trump n’a manifestement pas l’intention de lever le blocus. Il a déclaré vendredi soir qu’il le maintiendra si aucun accord de paix n’est conclu avec Téhéran, évoquant au passage la possibilité de ne pas prolonger le cessez-le-feu qui doit expirer ce mercredi 22 avril.
« Je ne le prolongerai peut-être pas, mais le blocus continuera », a prévenu Donald Trump à bord d’Air Force One, interrogé par les journalistes sur ce qu’il ferait en cas d’absence d’accord avec l’Iran.
Washington et Téhéran se contredisent sur l’uranium enrichi
Mais « je pense que cela va se faire », a ajouté le locataire de la Maison Blanche concernant ce potentiel accord de paix. La reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz annoncée vendredi a été saluée par les marchés et à Washington, Donald Trump déclarant à l’AFP qu’un accord de paix était « très proche » et affirmant que l’Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, un point clé des négociations.
« On va aller le chercher, on va le rapporter aux États-Unis sous peu », a affirmé le républicain à l’occasion d’un rassemblement du mouvement conservateur Turning Point USA à Phoenix, en Arizona. Les États-Unis vont récupérer « la poussière nucléaire » à l’aide de « beaucoup de pelleteuses », a-t-il encore déclaré. « On va avoir besoin des plus grosses pelleteuses que vous puissiez imaginer. »
Mais Téhéran a nié avoir accepté le transfert de ses stocks d’uranium hautement enrichi. « L’uranium enrichi de l’Iran ne sera transféré nulle part », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, cité par la télévision d’État.
Une deuxième session de pourparlers prévue sous l’égide du Pakistan
L’annonce vendredi par l’Iran de la réouverture complète du détroit aux navires commerciaux pendant la durée du cessez-le-feu, au moment où la trêve entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban se met en place, a suscité un prudent espoir de paix au Moyen-Orient. Elle a entraîné une chute des prix du pétrole et un rebond des Bourses européennes et américaines, après cinq semaines de guerre dévastatrices pour l’économie mondiale.
« Merci ! », a immédiatement lancé Donald Trump dans une série de messages sur sa plateforme Truth Social, précisant que le blocus américain des ports iraniens demeurerait « totalement en vigueur » jusqu’à la fin des négociations, et qu’il « continuera » si aucun accord n’est atteint à l’issue des négociations. Celles-ci se poursuivent, sous l’égide du Pakistan, pour organiser une deuxième session de pourparlers entre Téhéran et Washington, après la première à Islamabad le week-end dernier.
Maxime Dhuin avec AFP
Source : Le HuffPost (France)
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