Dans un pays sans cadre juridique protecteur, le lanceur d’alerte est en perpétuel danger. Ce vide juridique est aggravé par la faiblesse de la liberté de la presse et l’usage politique de la justice.
Le lanceur d’alerte est une figure essentielle de la lutte contre la corruption et les abus de pouvoir dans un pays où ces deux maux sont devenus un outil de gestion du pouvoir. Le pays ne dispose d’aucune loi spécifique de protection dans ce domaine. Il s’agit bien d’un vide juridique organisé, pas un oubli. La peur de représailles dissuade la majorité des citoyens de signaler des abus. Les rares personnes qui franchissent le pas, sont systématiquement exposées à des poursuites, à la prison, à la diffamation orchestrée et à l’isolement social. Deux cas illustrent bien cette situation : les affaires Mohamed Ould Ghadde et Abderrahmane Weddady qui ont dénoncé des faits de corruption ou des irrégularités financières. Ces dénonciations d’intérêt général sont systématiquement requalifiées en délit par le pouvoir. Le discours officiel assimile souvent le lanceur d’alerte à un délateur. Cette confusion est volontaire pour délégitimer les révélations sur les scandales financiers. Qu’on le veuille ou non, le lanceur d’alerte est un acteur clé de la transparence et de la bonne gouvernance dans un système où la corruption est structurelle. Sa protection n’est pas un luxe.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 02 juin 2026)
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