
A la veille de l’indépendance de la Mauritanie, en 1958, celui considéré comme l’Emir du Trarza quitta la Mauritanie pour le Maroc. En 1961, le roi Mohammed V le nomma ministre d’État chargé des affaires de la Mauritanie et du Sahara marocain. Lui, Mohamed Mokhtar Ould Bah et Dey Ould Sidi Baba prêtèrent allégeance au roi du Maroc et exprimèrent leur soutien aux revendications marocaines sur la Mauritanie. Ould Omeir revint en Mauritanie en mars 1963, il fut arrêté et placé en résidence surveillée ; puis mourut à Dakar le 8 mai 1965.
Qu’en est-il de Zakaria Cissé (ou Prince Zakaria Cissé), qui a rejoint le Maroc à la même époque ? Je vous ai mis ci-dessous sa photo. Un portrait de 1989 dans le Mensuel de l’émotion Black nous donne un bref aperçu du personnage. Il est décrit comme « personnalité de la communauté d’Anvers [Belgique] ». À la même époque, il se présente à Accra en décembre 1958 comme se revendiquant « Crown Prince of Mauretania » et « General of the Liberation Army ». Selon des archives françaises, son nom est explicitement mentionné dans un dossier de renseignement : « le prince Cissé Zakaria Ibn Kainou ».
« Le Prince est né le 10 décembre 1933, à Ziguinchor (Sénégal).
Il est diplômé de l’École des hautes études internationales, de l’École supérieure de journalisme et des Hautes Études Sociales à Paris. Il fut témoin et acteur des débuts de la décolonisation. Comme le mentionne le Dictionnaire biographique international : « Il participa à toutes les grandes conférences et congrès historiques qui ont marqué le destin de l’Afrique : le Congrès Afro-Asiatique du Caire, octobre 1958, le Congrès d’Accra en décembre 1958, la Conférence de Casablanca en 1960, le Congrès d’Addis-Abeba en mai 1963. »
Il fut le leader du Mouvement national de libération de la Mauritanie, qui luttait pour le rattachement au Maroc. Ce qui lui attira les foudres du Gouvernement français. Il fut arrêté par les services d’espionnage français lors de la Conférence panafricaine d’Accra, le 4 décembre 1958. Auparavant, il avait déjà été condamné à mort par contumace. Il fut libéré en 1960 par le président Modibo Keïta, après la proclamation de l’indépendance de la Fédération du Mali. Il a une tradition de conseiller. Il fut successivement conseiller à l’information dans le gouvernement marocain, conseiller privé de passer aux affaires africaines, conseiller auprès du Congrès islamique sous Anouar El Sadate. En 1968, il se retire de la scène politique pour se consacrer à la vie religieuse, ce qui ne l’empêche pas de traiter affaire avec les diamantaires du monde entier. »


Souleymane Sidibé
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