Nous refusons de danser avec les loups dans l’arène politique. Tout ce que nous avions analysé sur les plans stratégique, rhétorique, comportemental, institutionnel et programmatique s’est finalement confirmé à la lumière du discours du frère siamois de « SON-KO ». Un discours que nous avons écouté en direct, puis réécouté attentivement avant de partager avec vous cette modeste réflexion. Il n’est jamais trop tard pour un président de se débarbouiller après un long sommeil. Le président Diomaye dit : « J’ai compris que, lorsqu’on est dans l’opposition, on n’est responsable de rien, quoi qu’il arrive. En revanche, lorsqu’on est au pouvoir, on est responsable de tout, quoi qu’il arrive. » Cette déclaration du président Diomaye marque un tournant politique. Elle traduit une prise de conscience : l’exercice du pouvoir ne relève ni du militantisme ni de la contestation, mais de la responsabilité. Gouverner consiste à arbitrer, à décider et à assumer les conséquences de ses choix. Nous pouvons ainsi considérer qu’après deux années d’exercice du pouvoir, le président reconnaît implicitement que la fonction présidentielle exige des compétences, une préparation et une expérience que l’opposition ne permet pas toujours d’acquérir. En ce sens, cette citation apparaît comme un aveu politique : celui du passage des illusions de la conquête du pouvoir aux exigences de son exercice. Cette évolution conforte les analyses que nous avions formulées dès le début de ce mandat. Nous soutenions que, si la présidence de la République obéissait aux mêmes exigences d’évaluation qu’un poste de consultant dans un cabinet de conseil, un dirigeant serait jugé avant tout sur sa capacité à produire des résultats, à maîtriser la complexité et à prendre des décisions efficaces. Notre comparaison visait précisément à souligner l’écart entre les promesses de campagne et les exigences concrètes de la gouvernance. Dans cette logique, nous persistons à penser que le tandem « Diomaye et SON-KO » a révélé d’importantes limites dans la conduite de l’État. Ce jugement ne repose pas sur une opposition de principe, mais sur notre lecture de leur pratique du pouvoir au regard des attentes suscitées et des responsabilités qui leur incombent. La principale leçon que les jeunes Africains devraient retenir de cette séquence politique est qu’aucune fonction stratégique ne s’improvise. Le parcours, l’expérience, la maîtrise des institutions et la connaissance de l’État constituent des atouts essentiels pour exercer les plus hautes responsabilités. L’ambition politique est légitime, mais elle gagne en crédibilité lorsqu’elle s’appuie sur une solide préparation. Enfin, cette expérience invite à une réflexion plus large sur nos démocraties. L’arène politique devrait davantage valoriser la compétence, l’expérience, l’intégrité et la capacité à gouverner. Sans remettre en cause le suffrage universel, les partis politiques ont la responsabilité de mieux préparer leurs candidats afin que les secteurs stratégiques de l’État soient confiés à des femmes et à des hommes disposant des compétences nécessaires pour répondre aux défis de la gouvernance moderne. Notre position sur l’incompétence et l’amateurisme de « Diomaye et de SON-KO » reste inchangée. Il est difficile de dissocier les deux faces d’une même pièce politique par la simple création d’un parti politique. L’opposition doit refuser cette farce et les obliger à assumer ensemble leur amateurisme. @Yoo Alla Faabo
Abdoul Bocar GUISSÉ
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com




