So Foot – La première sortie officielle d’Enzo Maresca à la tête de Manchester City a tourné à la correctionnelle face à Arsenal (3-0). Rien de grave, le club doit se reconstruire dans la patience après le long règne de Pep Guardiola.
Dix ans, ça ne s’efface pas en clignant des yeux. Ça marque au fer rouge, ça imprègne l’esprit de tous les contemporains, ça enchante, ça énerve, ça transcende, ça crispe – parfois tout en même temps. Entre 2016 et 2026, le monde a été renvoyé à l’ère des pandémies mortelles puis propulsé dans le futur de l’intelligence artificielle pendant que les personnes victimes de violences sexuelles ont vu la parole se libérer en même temps que Donald Trump était élu deux fois (!) président des États-Unis.
Même Pep Guardiola a changé. Lui qui aurait voulu jouer avec onze milieux de terrain au Barça et empilait les attaquants au Bayern s’est mué en amoureux des défenseurs : les centraux, les pistons, les néo-libéros, les latéraux intérieurs, tous autant qu’ils sont. En dix ans sur le banc de Manchester City, le tacticien s’est réinventé, a tout gagné, s’est aussi foiré, et s’en est allé. Un décennat, ça fatigue trop pour pousser davantage.
Crash d’entrée pour Maresca
Les Skyblues vont devoir apprendre à vivre sans celui qui les a définitivement inscrits sur la carte des grands de ce monde, mais également sans plusieurs artisans majeurs des succès de la dernière décennie (Bernardo Silva, John Stones, Manuel Akanji, Nathan Aké et bientôt Rodri) parce qu’il paraît qu’il vaut mieux tout emporter une fois le divorce acté. Aucune vaisselle n’a été brisée – on ne peut pas en dire autant des cœurs –, mais le silence rend le vide encore plus immense. Enzo Maresca, sosie officiel, ancien adjoint et disciple de Guardiola, est arrivé sur la pointe des pieds pour prendre le relais, ambitionnant de poursuivre le travail du Catalan tout en le dépoussiérant. Or, la gifle subie au Community Shield, pour son premier match officiel, s’est fait entendre dans tout le Royaume.
Après avoir éjecté son mentor, Mikel Arteta a souhaité la bienvenue à l’Italien, de deux ans son aîné. Avec une telle débâcle, l’entrée en matière n’est pas idéale, mais rappelle qu’elle n’est rien d’autre qu’une entrée en matière. L’entraîneur d’Arsenal, qui a eu besoin de sept ans pour remporter la Premier League, et l’ancien de Manchester City, frustré six fois avant de mettre son club sur le toit de l’Europe, peuvent logiquement assurer que patience rime avec performance. La première saison de Guardiola avait d’ailleurs été blanche. De quoi permettre à Maresca de souffler et de faire retomber la pression ?
S’inspirer de Liverpool ?
Fort d’une expérience crânement réussie à Leicester en Championship et de 18 mois en demi-teinte à Chelsea, l’ancien milieu de terrain n’a pas un CV aussi chargé que son prédécesseur au moment de s’asseoir sur le banc mancunien, à l’image de Manuel Pellegrini en 2013 ou d’Arne Slot à Liverpool en 2024. Ce dernier avait pris la suite de Jürgen Klopp, resté sur les bords de la Mersey durant plus de huit ans avec des succès à la pelle, et était parvenu à ramener la Premier League dès sa première saison… avant de se vautrer et d’être rapidement renvoyé à ses études. Manchester City ne doit donc s’inspirer que partiellement des Reds. Prendre un entraîneur qui ne dévie pas de la lignée, c’est bien, lui laisser le temps, c’est mieux.
Après avoir connu Chelsea, Maresca ne sera pas dépaysé puisque les Cityzens naviguent aussi sur des hauteurs insensées à chaque mercato. Après avoir cassé sa tirelire pour Robinho, Sergio Agüero, Kevin De Bruyne ou encore Jack Grealish, le club passé sous pavillon émirati en 2008 n’a pas cessé sa folie des grandeurs en se séparant de Guardiola. Cet été, il a même signé le plus gros transfert de son histoire en attirant Elliot Anderson pour la modique somme de 135 millions d’euros. À côté, les 25 patates déboursées pour un joueur de Ligue 2 (Mathys Detourbet, prêté fissa à Monaco) sont presque risibles. Dans le même temps, Ayyoub Bouaddi est attendu et Enzo Fernández est espéré, histoire de relancer une dynastie.
Enzo Leanni
Source : So Foot (France)
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