Slate – Cinq milliards de dollars: c’est le pactole qui s’est ajouté à la fortune d’Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Aujourd’hui âgé de 69 ans, l’homme d’affaires nigérian, dont la richesse est actuellement estimée à 35,1 milliards de dollars (près de 30 milliards d’euros), a bâti l’essentiel de sa fortune sur son héritage familial, la fabrication et l’exportation de sel, de sucre et de ciment, mais aussi et surtout sur le pétrole. Sa nouvelle raffinerie, installée à Lagos, a engrangé des bénéfices colossaux depuis la crise du détroit d’Ormuz, en février 2026.
Le continent africain, bien que riche en ressources de pétrole brut, est toujours fortement dépendant des importations de carburant. Or entre les frappes ukrainiennes contre les raffineries et les pétroliers russes, qui comptent parmi ses premiers fournisseurs, et le blocage iranien, les flux d’or noir ont été largement perturbés. Les prix du carburant comme des denrées alimentaires ont connu une forte hausse.
Un monopole africain
La raffinerie de Dangote est devenue pleinement opérationnelle quelques semaines avant que les États-Unis bombardent l’Iran. Elle a depuis touché le marché américain, jusqu’à devenir en avril et mai la plus grande exportatrice mondiale de kérosène. En juillet, elle s’est hissée au rang de premier fournisseur européen de kérosène et de diesel.
Mardi 18 août, la société a annoncé avoir obtenu un soutien financier d’un milliard de dollars (856 millions d’euros) auprès d’un groupe d’investissement basé à Dubaï, pour son introduction en bourse au Nigeria. Ce qui pourrait en faire la plus importante introduction en bourse jamais réalisée en Afrique.
Ces dernières années, le Nigeria a investi plusieurs milliards de dollars dans la réhabilitation de ses trois raffineries publiques, mais aucune n’est actuellement en service. Le constat est le même sur le reste du continent: la majorité des raffineries sont à l’arrêt. La société du milliardaire fait ainsi partie des rares exceptions qui tirent leur épingle du jeu.
«Lorsque la guerre en Iran a éclaté, la raffinerie de Dangote était une bouée de sauvetage pour les acheteurs qui dépendaient auparavant du golfe Persique pour leurs produits pétroliers», explique au New York Times Matthew Tracey-Cook, analyste chez Platts, une société spécialisée dans l’information sur l’énergie et les cours du pétrole.
Depuis Lagos, les pétroliers chargés du carburant de la raffinerie Dangote naviguent le long de la côte ouest-africaine jusqu’à Lomé, au Togo, où ils déchargent leur cargaison sur des navires plus petits. Ces bateaux livrent ensuite les différents marchés sur le continent.
Les Nigérians espéraient que cette raffinerie mettrait fin à leur dépendance au carburant importé et ferait baisser les coûts. Leurs espoirs sont douchés: les prix n’ont fait qu’augmenter. De son côté, Dangote, qui a fait l’objet de multiples accusations de corruption, accuse le gouvernement nigérian d’étouffer le flux de pétrole brut, permettant aux régulateurs de maintenir leur emprise sur le secteur pétrolier.
Repéré sur The New York Times
Source : Slate
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