Burkina Faso : un pacte pour refonder l’école

Agence de Presse Africaine  – Le Burkina Faso a lancé, samedi à Kaya, dans le Centre-Nord du pays, un pacte national visant à refonder son système éducatif autour de sept priorités, notamment l’accès de tous à l’école, la valorisation des langues nationales et le rapprochement entre la formation et l’emploi, selon un message du président Ibrahim Traoré.

Baptisée « Pacte NEKRE », cette initiative ambitionne de garantir à chaque enfant une éducation « sûre, inclusive, souveraine et d’excellence ». Le message présidentiel a été lu par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, qui présidait la cérémonie au nom du chef de l’État.

Le pacte prévoit de ne laisser aucun enfant ni aucun jeune en marge du système éducatif, d’améliorer les conditions d’apprentissage, de rapprocher les formations des métiers et des activités de production, ainsi que de valoriser les langues nationales, l’histoire et les savoirs endogènes.

Il vise également à renforcer le rôle des enseignants, à mettre la recherche, les sciences et le numérique au service de la souveraineté nationale, ainsi qu’à améliorer la gouvernance du secteur grâce à des données fiables et à une meilleure reddition des comptes.

Selon le président Ibrahim Traoré, l’école doit former des citoyens responsables, capables de contribuer au développement du pays, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, démographiques et technologiques.

« Là où l’État revient, l’école doit rouvrir ! », souligne le message présidentiel, qui insiste sur la nécessité de garantir l’accès à l’éducation aux enfants vulnérables, aux enfants non scolarisés et à ceux qui ont abandonné leurs études.

Le texte relève toutefois des insuffisances persistantes dans la maîtrise des apprentissages fondamentaux, des inégalités territoriales et de la gouvernance du système éducatif. Il préconise également un renforcement du contrôle des établissements privés et la lutte contre les pratiques qui éloignent les enfants de l’école, notamment leur présence sur les sites d’orpaillage.

La mise en œuvre du pacte repose sur des engagements partagés entre l’État, les enseignants, les élèves, les parents et les partenaires du secteur éducatif. Des représentants de ces différentes catégories ont signé des déclarations d’engagement lors de la cérémonie.

Le message présidentiel prévoit un mécanisme de suivi des engagements, avec des responsables désignés, des échéances précises et une évaluation régulière des résultats. Le pacte a également été remis symboliquement aux gouverneurs des régions en vue de son déploiement sur l’ensemble du territoire national.

Le choix de Kaya pour le lancement de cette initiative fait écho à la situation sécuritaire du pays. La ville a accueilli des familles déplacées par les violences jihadistes, dont certaines regagnent progressivement leurs localités d’origine, selon les autorités.

Le lancement du pacte s’inscrit dans le prolongement de l’Appel de Gaoua du 17 octobre 1986, attribué à l’ancien président Thomas Sankara, qui plaidait déjà pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement et la transformation des consciences.

Source : Agence de Presse Africaine (APA)

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