« Leur absence pèse chaque minute » : au Sénégal, le deuil impossible des proches de migrants disparus

Info MigrantsAu Sénégal, des familles ont rendu hommage lundi à leurs proches disparus en mer en tentant de rejoindre l’Europe, à l’occasion de la Journée internationale des personnes disparues. Entre quête de réponses et impossibilité de faire leur deuil, elles réclament davantage de soutien des autorités.

« Ils ne sont plus là. Leur absence pèse lourdement, chaque minute, dans nos vies. » Sur une pancarte affichée à Dakar, ces mots résument une attente qui dure parfois depuis près de vingt ans. Une autre aligne des dizaines de visages de jeunes hommes sous un même titre : « Des jeunes en partance pour l’Espagne ».

À l’occasion de la Journée internationale des personnes disparues, des familles sénégalaises se sont rassemblées lundi 31 août pour rendre hommage à leurs proches disparus en mer en tentant de rejoindre l’Europe et réclamer davantage de soutien des autorités.

« J’ai deux frères qui ont disparu : l’un en 2006 – nous n’avons aucune nouvelle de lui –, l’autre en 2024 – nous ne savons pas non plus où il se trouve », témoigne Ibrahima Diop, interrogé par France 24. « S’ils étaient décédés et que nous avions au moins leur corps, nous saurions où ils reposent et nous pourrions faire notre deuil. Mais lorsqu’une personne disparaît sans laisser aucune nouvelle, c’est psychologiquement très difficile. »

« Souffrance extrême »

Des associations se mobilisent pour préserver la mémoire des disparus tout en mettant en lumière la détresse des familles confrontées à cette attente sans fin. De son côté, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) les accompagne pour leur permettre d’obtenir une déclaration d’absence ou de disparition. « On soutient directement les familles à travers un programme d’accompagnement administratif et juridique », explique Bettina Bauer, coordinatrice du CICR.

« On soutient également les familles à travers leurs associations. C’est très important de suivre tous ces besoins des familles concernées par la disparition, car elles font face à une souffrance extrême. La disparition ne permet pas de clore ou de faire le deuil. »

La traversée entre les côtes ouest-africaines et les îles Canaries reste l’une des routes migratoires les plus meurtrières vers l’Europe. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 3 000 personnes y ont disparu ces dernières années. Un chiffre que les ONG estiment largement sous-évalué.

 

FRANCE 24

Source : Info Migrants (France)

 

 

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