«La Mauritanie est devenue un cratère. Le magma social peut à tout moment se déverser»

Les hommes politiques Mauritaniens du pouvoir n’ont décidément aucun intérêt à poser les bases d’une nation. Ils préfèrent maintenir la population dans le manque d’électricité, d’eau, de soins et d’éducation.

Cette arabisation n’est qu’une politique d’exclusion et de tuer tout projet de citoyenneté, de modernisation, de construction d’une nation viable. On finit par savoir que ceux qui détruisent l’éducation nationale n’y mettent pas leurs enfants. Si l’on creuse plus, si l’on dépoussière, ceux qui empêchent d’avoir le strict minimum sont les premiers à investir au Sénégal, au Maroc, en Espagne, en France, etc.

Ainsi, dans un moment de lucidité, celui qui nous sert de chef d’Etat, le général Mohamed Cheikh Ould Ghazouani aurait demandé à sa majorité : « Qu’est-ce que nous avons de plus que les autres pays ? » Entendez par là les pays en déclin. La réponse fut le silence !

Le rôle d’un État, le rôle des hommes et des femmes d’État, le rôle de la classe politique, de la classe intellectuelle et de la société civile, c’est de conjuguer leurs efforts pour éviter de tomber dans l’hécatombe. Mais nous n’avons même pas de canalisations pour évacuer les eaux usées de nos maisons. Nous n’avons pas une électricité assurée à 100 %, ni même à 50 %. Nous n’avons pas de réseaux permettant de recueillir et d’évacuer les eaux de pluie. Nous n’avons pas d’éducation, nous n’avons pas de santé digne de ce nom, malgré la présence de quelques médecins reconnus pour leurs compétences, ici comme ailleurs.

L’Éducation nationale a été sacrifiée. La plupart des enseignants, comme des journalistes, sont devenus des parvenus. Les élèves, n’en parlons même pas. Les salles de classe des écoles publiques sont parfois sans toit. Les quelques écoles dites d’excellence recrutent, pour la plupart, des élèves issus du privé. Des milliards sont engloutis sans que les résultats soient à la hauteur des besoins.

Cette classe politique, surtout celle de la majorité, refuse de céder. L’opposition, elle, reste attentiste. Quelques-uns demeurent droits dans leurs bottes, mais est-ce suffisant ? À quand la Mauritanie ? À quand la fin de cette situation ? Nous ne voulons pas l’hécatombe.

Pourtant, Murtudo Diop avait prévenu. Il disait : « la Mauritanie est assis sur une poudrière ». Je dirais, de nos jours, qu’elle est devenue un cratère. Le magma social peut à tout moment se déverser. L’éruption n’est plus loin.

 

 

Souleymane Sidibé

 

 

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