De la Gendarmerie à l’action publique, un parcours entre formation, expérience du terrain et réalisations concrètes.
Certaines trajectoires professionnelles ne se résument pas à une succession de fonctions. Elles se construisent par étapes, à travers les expériences, les responsabilités et les choix.
Le parcours de Hadrami Wedad s’inscrit dans cette logique : de la Gendarmerie nationale à l’action publique, en passant par l’Université, le droit et la gestion municipale, il a construit un profil associant expérience du terrain, formation juridique et engagement public.
Officier, juriste, universitaire, élu local puis Commissaire adjoint aux Droits de l’Homme, à l’Action humanitaire et aux relations avec la Société civile, il a connu plusieurs univers professionnels qui ont progressivement façonné sa conception de l’action publique.
De l’uniforme aux amphithéâtres : le pari de la formation
Après plusieurs années au sein de la Gendarmerie nationale, Hadrami Wedad fait le choix de reprendre ses études en France.
Cette décision constitue un tournant : compléter l’expérience du terrain par une formation académique approfondie.
Il poursuit ainsi des études juridiques jusqu’à l’obtention d’un doctorat en droit privé, auquel s’ajoute un diplôme de criminologie de l’Institut de criminologie de Paris II-Assas.
Cette formation donne une nouvelle dimension à son parcours, en associant expérience opérationnelle, droit, analyse et recherche universitaire.
À son retour en Mauritanie en 2013, il dispose ainsi d’un double capital : celui de l’expérience professionnelle et celui du savoir académique.
Sélibaby : un mandat marqué par des réalisations concrètes
L’élection à la tête de la commune de Sélibaby ouvre une nouvelle séquence : celle de la gestion locale et de la confrontation directe aux attentes des populations.
Après la Gendarmerie, l’université et le monde juridique, il découvre une autre réalité : celle de la gestion quotidienne d’une collectivité locale, avec ses urgences, ses contraintes et surtout ses attentes.
Une mairie ne se gère pas uniquement à travers des discours. Elle se juge aussi à travers les infrastructures réalisées et les réponses apportées aux besoins des populations.
À cet égard, les réalisations enregistrées durant son mandat de maire restent perceptibles, malgré les difficultés et les périodes de blocage auxquelles la commune a été confrontée.
Parmi les réalisations, on peut notamment citer :
– l’unité de conservation et de vente de poisson, destinée à renforcer les capacités locales de conservation et de commercialisation ;
– le remblaiement de la place publique de Sélibaby, contribuant à l’aménagement et à la valorisation de cet espace ;
– la tribune publique de Sélibaby, devenue un équipement important pour les activités et manifestations publiques ;
– le marché à bétail et le marché des aliments de bétail, répondant à des besoins économiques directement liés aux activités des populations ;
– la construction de deux salles de classe à l’école 11, contribuant à l’amélioration des capacités d’accueil du système éducatif local ;
– la construction de deux salles de classe à l’école 7 de Nezaha ;
– la réalisation de l’abattoir de Sélibaby, infrastructure importante pour l’organisation et l’amélioration des activités liées à l’élevage et à la commercialisation de la viande.
Et cette liste n’est pas exhaustive. Ces réalisations donnent une dimension concrète à son expérience municipale et montrent que, malgré les blocages et les difficultés de fonctionnement de la commune, des projets ont été menés à terme et des infrastructures restent visibles sur le terrain.
L’expérience municipale l’a ainsi confronté aux attentes quotidiennes des citoyens, aux contraintes administratives et surtout à la nécessité de transformer une vision en réalisations concrètes.
Une gestion municipale malgré les blocages
Cette expérience n’a toutefois pas été exempte de difficultés. Le fonctionnement de la commune a été marqué pendant plusieurs années par des situations de blocage et des tentatives de remise en cause de sa direction. Dans ce contexte, la capacité à maintenir l’action municipale et à faire aboutir plusieurs projets constitue un élément important de son bilan, dans un environnement marqué par les rapports de force, les contraintes institutionnelles et les moyens disponibles.
« Le Guidimakha appartient à tous » : une vision du rassemblement
Au-delà des fonctions occupées, c’est dans sa conception de l’avenir du Guidimakha que la dimension politique de son parcours apparaît le plus clairement. Une idée résume cette vision : « Le Guidimakha appartient à tous. »
Dans une région caractérisée par une grande diversité sociale, culturelle et linguistique, cette formule porte une ambition : faire du pluralisme une richesse plutôt qu’une source de division.
Soninkés, Peulhs et Arabes constituent les différentes composantes d’un même territoire. Leur diversité ne devrait donc pas être considérée comme un obstacle à l’unité, mais comme une richesse pouvant contribuer à la construction d’un destin commun.
L’enjeu est de dépasser la simple coexistence pour construire une véritable communauté de destin. L’unité ne signifie pas l’effacement des différences, mais leur reconnaissance et leur articulation autour d’intérêts communs.
C’est dans cette perspective que l’idée d’un Guidimakha appartenant à tous prend une portée politique et sociale : celle d’un territoire où aucune composante ne devrait se sentir exclue de la construction de son avenir.
Du local au national : un changement d’échelle
L’accession aux fonctions de Commissaire adjoint aux Droits de l’Homme, à l’Action humanitaire et aux relations avec la Société civile marque une nouvelle étape.
Après la Gendarmerie, l’Université et la mairie, le champ de responsabilité s’élargit désormais à l’échelle nationale.
Les domaines concernés sont particulièrement sensibles : protection et promotion des droits humains, action humanitaire, cohésion sociale, dialogue avec la société civile et renforcement du vivre-ensemble.
Cette nouvelle responsabilité donne une cohérence particulière à l’ensemble de son parcours : la Gendarmerie lui a apporté la discipline et la connaissance du terrain ; le droit, les outils d’analyse juridique ; l’Université, la rigueur intellectuelle et la recherche ; la gestion municipale, la confrontation aux réalités quotidiennes des populations. Les responsabilités nationales l’amènent désormais à penser à une échelle plus large.
Une carrière se raconte, un bilan se mesure
Les titres, les diplômes et les fonctions permettent de raconter une carrière, mais ils ne suffisent pas à mesurer une œuvre. Dans le cas de Hadrami Wedad, l’expérience municipale permet justement d’aller au-delà du parcours sur le papier.
Les infrastructures réalisées à Sélibaby constituent des éléments tangibles d’un bilan qui mérite d’être regardé à la lumière du contexte dans lequel il a été construit.
L’unité de conservation et de vente de poisson, la place publique remblayée, la tribune publique, les marchés à bétail et d’aliments de bétail, les salles de classe des écoles 11 et 7 de Nezaha, ainsi que l’abattoir de Sélibaby témoignent d’une action touchant plusieurs secteurs : économie locale, éducation, aménagement, élevage et services collectifs.
Un bilan public ne se réduit toutefois jamais à quelques réalisations. Il doit aussi être apprécié à travers son impact sur la vie des populations et la durabilité des projets. C’est donc à cette double exigence ( réalisations concrètes et résultats durables ) que toute expérience politique doit être confrontée.
De l’itinéraire personnel à l’ambition collective
La trajectoire de Hadrami Wedad raconte davantage qu’une progression professionnelle : elle retrace le passage de l’uniforme à l’Université, de l’Université à la mairie, puis de la mairie aux responsabilités nationales. À chaque étape, une expérience nouvelle est venue compléter la précédente. Mais l’expérience municipale constitue sans doute le point de jonction le plus concret entre la formation, les responsabilités et l’action.
Pour le Guidimakha, l’ambition demeure claire : faire de la diversité une force, du dialogue un instrument de cohésion et de l’action publique un moyen d’améliorer concrètement la vie des populations.
Une carrière peut être jalonnée de diplômes, de fonctions et de responsabilités. Mais ce sont les traces laissées sur le terrain qui racontent le mieux une action publique. À Sélibaby, malgré les blocages et les difficultés, certaines de ces traces sont encore visibles. Au-delà du parcours individuel de Hadrami Wedad, l’enjeu est désormais de transformer cette expérience accumulée en une ambition collective pour tout le Guidimakha. Car si le Guidimakha appartient à tous, son avenir aussi doit être construit par tous.
Balla Tandia
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