– Les Nations unies ont exigé, jeudi 23 juillet, une enquête sur « les actes de torture et les meurtres » commis lors d’une récente attaque de séparatistes touaregs et de djihadistes au Mali, qui a coûté la vie à plus de 50 militaires maliens.
L’embuscade meurtrière, contre un convoi de l’armée quittant la ville d’Anéfis, dans le nord du Mali, a eu lieu samedi dernier, après des semaines de combats au cours desquels les deux camps tentaient de prendre le contrôle de cette localité. Un élu local avait alors évoqué « plus de 50 militaires tués ». « Certains de nos hommes ont été purement exécutés », avait annoncé une source au sein de l’armée malienne.
Début juillet, des combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA), une rébellion indépendantiste touareg, et des djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), branche sahélienne d’Al-Qaida, avaient brièvement pris le contrôle d’Anéfis et encerclé une base militaire utilisée par l’armée malienne et des mercenaires du groupe paramilitaire russe Africa Corps. Le GSIM et le FLA ont revendiqué la responsabilité de l’attaque de samedi.
« Nous déplorons les actes de torture et les meurtres dont auraient été victimes des dizaines de soldats maliens qui s’étaient rendus aux mains des groupes armés » du FLA et du GSIM, a déclaré jeudi dans un communiqué Thameen Al-Kheetan, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH).
« Une enquête approfondie et indépendante doit être menée sur les circonstances de cet incident, y compris sur les faits aperçus sur les images effroyables diffusées en ligne, qui semblent montrer des membres du FLA et du GSIM tirant sur des soldats après que ceux-ci se sont rendus, les mains derrière la tête », a ajouté M. Al-Kheetan.
L’ONU demande des réparations pour les familles
Le Mali est dirigé par un gouvernement militaire depuis deux coups d’Etat successifs en 2020 et 2021. La junte peine à tenir sa promesse de rétablir la sécurité, après des années de conflits liés aux mouvements djihadistes et séparatistes.
« Tuer, torturer ou maltraiter des personnes hors de combat sont des crimes de guerre », a souligné M. Al-Kheetan. « Les groupes armés doivent arrêter de telles violations et empêcher qu’elles ne se reproduisent. » « Les responsables doivent rendre des comptes et être traduits en justice dans le cadre de procès équitables. Des réparations doivent être accordées aux victimes et à leurs familles », a ajouté le porte-parole du HCDH.




