Mauritanie : une modernisation qui sert les investisseurs, pas les agriculteurs

Derrière les discours officiels sur la sécurité alimentaire, la mise en œuvre de la mécanisation agricole n’est pas seulement un rattrapage du retard technologique mais le miroir d’un système qui abandonne ses paysans.

La fracture entre discours officiel et réalité paysanne est insupportable. Ce sentiment des observateurs est certainement partagé par les agriculteurs de la vallée qui attendent depuis longtemps la sécurisation de leurs terres accaparées par l’Etat au profit des investisseurs. La mise en œuvre de la mécanisation est considérée comme un cache-misère. Sur le terrain, les machines ne vont pas aux villages, elles vont aux coopératives proches du pouvoir, aux exploitants déjà capitalisés, aux zones irriguées contrôlées par les élites de la vallée. Dans un pays où les terres arables représentent 0,5 % du territoire, les rendements céréaliers sont parmi les plus faibles de la région, la mécanisation devient un accélérateur d’inégalités. Les programmes actuels reposent largement sur la distribution de tracteurs sans formation suffisante. On distribue des machines, mais on ne change pas le système Cette mécanisation reste verticale, centrée sur l’équipement, sans transformation des conditions sociales de production : accès à la terre, sécurisation foncière, infrastructures hydrauliques, organisation paysanne, circuits de commercialisation.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 15 juillet 2026)

 

 

 

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