Le blocage de la route de l’espoir, cette fin de semaine des habitants du quartier de Bagdad pour protester contre les délestages qui perdurent, est la preuve visible d’un système énergétique abandonné et d’une gouvernance qui a cessé de servir le public.
Depuis près d’une semaine, la capitale mauritanienne vit dans le noir. Cette absence d’électricité prolongée rythme la vie quotidienne des habitants très remontée au point d’occuper la route de l’espoir. Cette protestation citoyenne d’un des quartiers populaires de Nouakchott, est révélatrice d’un État défaillant et qui tolère que sa capitale vive dans l’obscurité alors que le pays est devenu un grand producteur de gaz et de pétrole. L’énergie existe, mais elle n’est pas distribuée équitablement ni gérée efficacement. Ce sont les quartiers riches qui bénéficient le plus de l’électricité. Les investissements sont annoncés depuis 2019 mais rarement suivis d’effets mesurables. Les contrats énergétiques sont attribués dans l’opacité, souvent à des entreprises proches du pouvoir. L’Etat élabore des plans d’urgence pour moderniser la capitale mais finalement ce sont les commerçants, les ménages pauvres, les étudiants et les hôpitaux qui paient les frais d’une mauvaise gestion des affaires publiques. Le gouvernement reste dans une logique de réaction, jamais de planification. Les coupures deviennent un mode de gestion, presque une normalité imposée.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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