
Le président mauritanien se considère comme un pays de stabilité dans un Sahel en feu. Ould Ghazouani continue de signer les conventions internationales, d’accueillir les délégations européennes et parle de tradition d’hospitalité.
Mais derrière cette vitrine diplomatique, la réalité est brutale. Les migrants et réfugiés y vivent sous un régime d’arbitraire, de peur et de précarité organisée résultant de la pression de l’Espagne et de l’UE. Depuis ces accords pour la gestion de migrants illégaux, la Mauritanie est devenue un verrou migratoire malgré les nombreux sauvetages en mer des migrants subsahariens. Les expulsions massives vers le Sénégal et le Mali et retours volontaires de guinéens se poursuivent. Ces réfugiés sont gérés comme des dossiers, pas comme des êtres humains. Le pays apparaît ainsi comme un refuge sur le papier, un pays de tri et de contrôle dans la réalité. En se présentant comme un havre de paix dans un Sahel en crise comme en témoignent les consultations actuelles du ministre de la Défense à Bamako. Mais la réalité du terrain révèle une politique migratoire instrumentalisée et traversée par des logiques sécuritaires. Dans ce contexte de tension au Sahel, Ould Ghazouani devra faire en plus au flux de réfugiés maliens dans les camps Mberra à la frontière avec le Mali.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com


