
Courrier international – La vidéo a fait le tour des rédactions et des réseaux sociaux. On y voit Donald Trump, flanqué de la première dame Melania, assis en smoking à la table d’honneur du dîner des correspondants de la Maison-Blanche, où il vient d’arriver, peu après 20h30.
Il écoute placidement un invité venu parler au couple présidentiel, lorsque retentissent soudain plusieurs détonations sourdes. Contrairement à Melania, dont le visage trahit l’inquiétude, le président semble d’abord ne pas réagir.
Mais très vite, “des agents des services secrets se précipitent vers la scène pour sécuriser le président, tandis que l’on intime aux invités de se mettre à l’abri sous leurs tables”, raconte Politico, dont l’un des journalistes était présent au dîner.
Évacués sains et saufs de la salle de bal, où se déroulait l’événement, Donald Trump et son épouse, sont conduits à la Maison-Blanche vers 21h45, laissant derrière eux des centaines d’invités – parmi lesquels la plupart des journalistes politiques américains et internationaux basés à Washington – dans la confusion et l’incertitude.
“Loup solitaire”
“Les invités restaient à déambuler en attendant d’obtenir davantage d’informations sur l’incident”, témoigne The Washington Post. “Certains reçoivent l’ordre d’évacuer, puis une annonce retentit, signalant que le programme va reprendre. Dans la salle à moitié vide, les gens appellent ou envoient des messages à leurs proches pour les rassurer sur leur sécurité. Certains boivent du vin pour calmer leurs nerfs”.
Il faudra attendre la conférence de presse de Donald Trump, deux heures plus tard à la Maison-Blanche, pour apprendre qu’un homme présenté par le président comme un “loup solitaire” et un “cinglé”, porteur de plusieurs armes, a tiré à plusieurs reprises dans le vestibule de l’hôtel, entraînant une réponse des agents de sécurité – dont l’un a été blessé dans les échanges de tirs.
Le tireur présumé a été arrêté sur les lieux “et placé en détention”, précise The Wall Street Journal. Jeanine Pirro, procureure fédérale de Washington, a annoncé dans la soirée que le suspect comparaîtrait lundi devant un tribunal fédéral, et qu’il avait été inculpé de deux chefs d’accusation : usage d’une arme à feu durant un acte violent et agression d’un agent fédéral avec une arme dangereuse. Ses motifs restaient inconnus samedi soir et les enquêteurs n’étaient pas en mesure de dire si sa cible était Donald Trump.
“Ce n’est pas la première fois ces dernières années que notre République est attaquée par un assassin en puissance qui cherchait à tuer”, a déclaré à la presse Donald Trump, victime ces dernières années de deux tentatives d’assassinat.
Trump “pas ébranlé”
Avant de s’adresser à la presse, le président avait publié sur son réseau Truth Social deux photos du tireur présumé, maintenu au sol les mains derrière le dos et torse nu, ainsi qu’une vidéo le montrant courant dans le vestibule de l’hôtel et forçant la sécurité.
“Sur cette vidéo, des agents sortent leurs armes et semblent commencer à tirer”, décrit The New York Times, qui identifie le suspect comme un homme de 31 ans originaire de Torrance, en Californie.
De nombreux membres du gouvernement étaient également présents au dîner des correspondants de la Maison-Blanche – auquel Donald Trump participait pour la première fois en tant que président –, parmi lesquels le secrétaire d’État Marco Rubio ou le ministre de la Défense Pete Hegseth. Tous ont été évacués dans le calme.
Lors de sa conférence de presse, Donald Trump est apparu calme et a assuré qu’il n’était pas “ébranlé” par les événements, conscient de mener “une vie dangereuse”, rapporte USA Today. “Je pense que je gère la situation aussi bien qu’il est possible de le faire”, a-t-il confié aux journalistes. “Je ne suis pas au désespoir. Je prends vraiment les choses telles qu’elles sont. Je le fais pour le pays”, a-t-il dit.



