Coupe du monde 2026 : les ressortissants de cinq pays africains qualifiés devront verser une caution pour obtenir un visa américain

Mis en place à l’été 2025 par le département d’Etat américain, le programme de restriction des entrées sur le territoire cible dorénavant 50 pays. Le montant exigé pour obtenir un visa d’affaire ou de tourisme varie de 5 000 à 15 000 dollars.

Le Monde – Les supporteurs africains souhaitant se rendre aux Etats-Unis pour assister aux matchs de la Coupe du monde 2026, qui se tient du 11 juin au 19 juillet dans le pays, mais aussi au Canada et au Mexique, devront avoir les poches profondes. En plus des billets d’entrée dans les stades et des chambres d’hôtels à prix prohibitifs, les ressortissants de l’Algérie, du Cap-Vert, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et de la Tunisie seront contraints de verser une caution de plusieurs milliers de dollars pour obtenir leur visa, d’après « The Athletic », la rubrique sportive du New York Times, dans un article publié jeudi 26 mars.

Mis en place en août 2025 par le département d’Etat américain, le Visa Bond Program (« programme de cautionnement de visa »), qui ciblait initialement les citoyens originaires de 38 pays, a été étendu, mercredi 18 mars, à 12 autres Etats. Le montant demandé pour obtenir un visa d’affaire ou de tourisme (B1/B2) varie de 5 000 dollars (4 350 euros), pour un enfant, à 15 000 dollars (13 000 euros) maximum, pour un adulte. Une somme que les intéressés sont censés récupérer lorsqu’ils quittent le territoire américain. A condition de partir à temps.

L’extension du programme doit entrer en vigueur le 2 avril. L’objectif, fait valoir l’administration américaine, est de lutter contre les dépassements de séjour illégaux. Sur les 50 pays auxquels des cautions sont imposées, 29 sont africains. Mais sur l’ensemble des nations qualifiées pour le Mondial, seules celles du continent sont concernées. Selon les chiffres du département de la sécurité intérieure, 13,5 % de Cap-Verdiens, 8,5 % d’Ivoiriens, 6,5 % d’Algériens, 4,5 % de Sénégalais et 2 % de Tunisiens n’avaient pas respecté le délai de leur visa sur l’année 2024.

Les joueurs et les staffs techniques des sélections qualifiées seront-ils eux aussi obligés de payer ? Aucune dérogation n’a été annoncée, mais la question n’est pas complètement tranchée. « La FIFA [Fédération internationale de football] fait pression sur l’administration Trump pour qu’elle lève cette exigence pour les footballeurs et les membres des délégations de chaque pays », note « The Athletic ».

Des dérogations espérées

Si l’Algérie et le Cap-Vert disputeront leurs trois matchs du premier tour aux Etats-Unis, ce ne sera pas le cas des trois autres sélections : la Tunisie jouera deux fois à Monterrey (Mexique) et contre les Pays-Bas à Kansas City, le 25 juin, la Côte d’Ivoire se déplacera à Toronto le 20 juin pour y défier l’Allemagne, alors que le Sénégal se rendra dans cette même ville canadienne le 26 juin.

Abdoulaye Fall, le président de la Fédération sénégalaise de football, dont la sélection affrontera le Pérou en match amical, samedi, au Stade de France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), et la Gambie trois jours plus tard, à Dakar, a confirmé que la FIFA cherchait une solution afin d’obtenir des dérogations. « Comme Gianni Infantino [à la tête de la FIFA] et le président Donald Trump ont de bonnes relations, je veux être optimiste et je pense que cela va s’arranger pour les délégations, avance le dirigeant. Mais, à ce jour, cette mesure est un réel problème. »

Son homologue ivoirien, Yacine Idriss Diallo, se veut, lui aussi, confiant dans les démarches effectuées par le président de la FIFA : « Il faut lui faire confiance pour trouver un accord avec les Américains. En revanche, pour les supporteurs des cinq pays concernés, oui, cela va rendre le voyage encore plus compliqué. Tout le monde n’aura pas la possibilité d’avancer cette caution et de financer le voyage aux Etats-Unis. » Les familles des joueurs et des staffs techniques risquent d’être soumises à des cautions.

Questionné par « The Athletic » à propos de la démarche de la FIFA, le département d’Etat s’est contenté de répondre que « les mesures et les procédures relatives au traitement des visas sont établies à Washington ». Sans oublier d’insister sur « l’étroite collaboration de l’administration américaine avec la FIFA pour soutenir la plus prestigieuse et la plus grande Coupe du monde de l’histoire ».

« Pays hostiles »

Depuis son retour à la Maison Blanche, en janvier 2025, Donald Trump a durci les conditions d’entrée sur le territoire national, tout en augmentant la cadence des expulsions des clandestins. Ainsi, son administration a décidé, à la mi-janvier, de geler provisoirement les demandes de visas d’immigration des ressortissants de 75 pays. Par ailleurs, en octobre 2025, le département de la sécurité intérieure rapportait que près de 530 000 personnes avaient été expulsées du pays.

Egalement qualifiées pour la Coupe du monde, les sélections d’Haïti et de l’Iran ne devraient pas pâtir du travel ban, l’interdiction d’entrer aux Etats-Unis, imposé à leurs pays depuis juin 2025. L’administration Trump a, dans le cas d’Haïti, décidé que les joueurs et les membres haïtiens du staff technique ne seraient pas concernés par cette mesure.

Pour ce qui est de l’Iran, en guerre avec les Etats-Unis et Israël, de hauts dignitaires du régime avaient envisagé un forfait de la Coupe du monde. La Fédération iranienne de football a précisé, le 18 mars, qu’elle boycotterait les matchs aux Etats-Unis mais pas la compétition, et qu’elle avait engagé des discussions avec la FIFA afin d’envisager la délocalisation au Mexique de ses matchs du premier tour contre la Belgique, la Nouvelle-Zélande et l’Egypte.

Donald Trump avait quant à lui affirmé, le 13 mars, son son réseau, Truth Social, que « l’Iran ne devrait pas prendre part à la Coupe du monde pour sa propre sécurité ». Vendredi, l’Iran a interdit à ses sélections nationales et à ses sportifs de voyager dans des « pays hostiles », laissant de nouveau planer le doute sur la participation de la Tim Melli (équipe nationale, en persan) à la compétition.

 

 

 

 

Source : Le Monde – (Le 27 mars 2026)

 

 

 

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