
– Ce n’est pas un raz-de-marée, mais en Ile-de-France, la gauche s’est plutôt bien sortie d’un second tour des municipales, dimanche 22 mars, qui ne s’annonçait pas gagné d’avance pour elle. La droite, de son côté, conserve de solides bastions à l’ouest de Paris, tandis que l’extrême droite peine toujours à s’implanter dans la première région de France.
Pour la gauche, le succès le plus évident est celui d’Emmanuel Grégoire à Paris. Le socialiste, longtemps premier adjoint d’Anne Hidalgo, l’emporte largement sur sa rivale de droite Rachida Dati, malgré la concurrence de Sophia Chikirou (LFI), avec laquelle il n’avait pas voulu fusionner entre les deux tours. La capitale va donc rester gouvernée par une alliance entre le Parti socialiste, les Ecologistes et le Parti communiste français, comme depuis vingt-cinq ans.
Dans la « ceinture rouge », ces communes populaires longtemps aux mains des communistes, la gauche reconquiert plusieurs villes. A commencer par Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). En 2020, des guerres intestines au sein de la gauche avaient fait basculer à droite cette ville de près de 90 000 habitants. En 2026, Karine Franclet, la maire UDI sortante, était encore arrivée en tête du premier tour. Mais entre les deux tours, les listes de gauche, y compris LFI, se sont rapprochées sous la houlette de Sofienne Karroumi, divers gauche soutenu par le PS. Et celui-ci a gagné le duel final.
La deuxième reconquête en Seine-Saint-Denis concerne Le Blanc-Mesnil. Après douze ans à droite sous l’ère de Thierry Meignen, la coalition de gauche menée par Demba Traore (divers gauche) remporte l’élection municipale, avec 51,49 % des exprimés. Dans le même département, Villepinte repasse aussi à gauche avec l’élection de l’écologiste Mélissa Youssouf. Tandis que Magalie Thibault (PS) est élue à Rosny-sous-Bois, et fait revenir à gauche une commune dominée par la droite depuis 1983.
Le second tour a également été marqué par l’élection du député LFI Aly Diouara à La Courneuve, qui réunit 51,53 % des voix, face au socialiste Oumarou Doucouré. Il succède au maire communiste Gilles Poux, qui avait décidé de dételer mais n’a pas réussi à faire élire la candidate communiste qu’il parrainait. La gauche garde également de grandes villes comme Montreuil, où le communiste Patrice Bessac a été facilement réélu (57,72 %), ou encore Bagnolet, où l’écologiste Edouard Denouel bat le maire sortant PS Tony Di Martino.
Pas de véritable vague rouge, rose ou verte
Dans les Yvelines, Conflans-Sainte-Honorine rebascule aussi. L’union de la gauche et du centre formée dans l’entre-deux-tours l’emporte, et l’écologiste Raphaël Prats va s’asseoir dans le fauteuil qui fut celui du socialiste Michel Rocard de 1977 à 1994.
Pas question pour autant de parler de véritable vague rouge, rose ou verte. La soirée de dimanche a aussi vu les écologistes perdre Colombes (Hauts-de-Seine), la plus grande ville qu’ils géraient dans la région. Après son mauvais score du premier tour, la gauche a bien tenté une sorte d’union sacrée. Sans succès. Joakim Giacomoni, tête de liste LR, a finalement gagné avec 54,48 % des voix, contre 45,52 % pour l’écologiste sortant Patrick Chaimovitch. La gauche perd aussi Corbeil-Essonnes (Essonne), une ville qu’elle avait voulu débarrasser du « système Dassault » et de son clientélisme. L’opposante de droite Samira Ketfi écrase le maire Bruno Piriou (divers gauche) à 59,98 % contre 40,02 %.
La droite garde par ailleurs ses bastions de l’ouest. A Argenteuil (Val-d’Oise), Georges Mothron (LR) obtient 55,22 % des suffrages et conserve le fauteuil de maire que lui contestait LFI. Dans les Hauts-de-Seine, Jean-Didier Berger (LR), depuis peu ministre délégué dans le gouvernement Lecornu, l’emporte à Clamart. Pierre-Christophe Baguet (LR) fait de même à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), et Patrick Ollier à Rueil-Malmaison. C’est aussi le cas d’André Santini (UDI) à Issy-les-Moulineaux, avec 47,93 % des voix, alors même que le maire de 85 ans est hospitalisé et quasiment invisible depuis octobre 2025.
A noter enfin : contrairement à ses espoirs, le Rassemblement national n’est parvenu à prendre ni Brie-Comte-Robert ni Ozoir-la-Ferrière, en Seine-et-Marne.
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