Savoir distinguer

Être Mukallaf, c’est être capable de chausser différentes lunettes d’analyse afin d’explorer la profondeur des multiples angles de perception du réel. La crainte d’être taxé d’ethnicisme, de complexe, d’hypocrisie ou encore affublé de l’expression « Nedo ko bandum » ne devrait jamais nous empêcher de reconnaître et de soutenir des compétences avérées à travers le monde, au-delà même de l’origine ou de l’identité de l’enfant de « Ndouloumadji ». Nous ne devons pas accepter que le manteau de l’appartenance communautaire nous empêche de reconnaître ce qui constitue, en bien des aspects, un cas d’école en matière de parcours politique exceptionnel, pour ne pas dire singulier à l’échelle mondiale. Pour les fils et les filles issus de familles modestes, le parcours de Macky Sall représente, à bien des égards, un exemple de résilience, de modestie, d’humilité, de stratégie et de patience. C’est également un itinéraire éducatif et politique qui mérite d’être étudié. Si, dans l’histoire, des figures telles que Thierno Souleymane Baal, Maba Diakhou ou encore Ousmane Dan Fodio ont incarné des modèles de réussite, d’engagement et d’abnégation, l’histoire retiendra aussi qu’au Sénégal, au 21ᵉ siècle, le fils d’un gardien et d’une vendeuse d’huile, par son courage et sa détermination, a contribué à rehausser l’image de l’Afrique. Un panafricanisme pragmatique et constructif parle davantage à la jeunesse que celui qui se limite aux slogans, aux invectives, à la haine ou aux insultes, souvent accompagnés d’un mépris du droit d’aînesse. De tels comportements sont en contradiction manifeste avec les valeurs culturelles africaines que nous proclamons pourtant avec fierté. L’honnêteté intellectuelle exige également que l’on n’ignore pas la part de responsabilité des « Homopatefensis » dans les 80 ou 85 morts que certains cherchent à imputer exclusivement à Macky Sall, sans tenir compte de ce que les experts en analyse des crises appellent le « trigger » (élément déclencheur) et la « root cause » (cause profonde). Être Mukallaf, c’est refuser d’être aveuglé par le manteau de l’appartenance au point d’éclipser les compétences, le savoir-faire et le savoir-être. C’est aussi refuser que les défauts et les manquements d’autrui nous détournent de l’examen lucide de nos propres insuffisances. En définitive, au confluent des défauts et des qualités qui caractérisent toute trajectoire humaine, la sagesse consiste à préserver l’équilibre. Et même dans le dernier virage de l’histoire, continuer à pédaler avec lucidité, responsabilité et sens de la mesure. Fils d’un simple agent d’agriculture et d’une femme couturière, nous soutenons MS, le Maître des Situations, par solidarité à toutes les familles modestes africaines et par respect a ces braves parents. Désolé, nous ne portons pas les mêmes lunettes et donc nous ne voyons pas la même choses.

@Yoo Alla Faabo ! ‎

 

 

Abdel GUISSÉ

 

 

 

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