Embouteillages à Nouakchott : Les ânes, ces intouchables qui dérangent les automobilistes.

voitures_rimNouakchott est la seule ville au monde où les voitures et les ânes se disputent la route et le trottoir. Présents dans les ruelles de la capitale, les bêtes de somme font partie désormais du décor de la ville. Du statut de damnés, ils sont devenus quasiment des intouchables dans la capitale, au grand dam des automobilistes.

 

Nouakchott, la capitale brille comme un lustre depuis quelques mois avec ses belles avenues propres et ses feux de signalisation rutilants neufs. À l’image de ses consœurs africaines, les routes goudronnées de la capitale disposent de panneaux de signalisation et de parcs de stationnement. Destinée à fluidifier la circulation de la capitale, l’opération est loin de répondre aux attentes des automobilistes. Principal responsable de cette défaillance, les charretiers. A hue et à dia, les ânes se pavanent en…sabots libres sur les artères de la capitale. Ils ont abandonné la douce vie de campagne pour grossir le rang des damnés de la circulation. Envoyés au charbon, bourricots et mulets se disputent le pan de goudron avec les gros bolides et les cars, provoquant ainsi l’hystérie des automobilistes. En solo ou en groupe, les baudets créent souvent des embouteillages monstres au niveau de certains ronds points. Sous les ordres d’un maitre qui ne réagit qu’avec son gourdin, les ânes sont les maitres de la circulation. Ils ne reculent devant rien et personne ne peut les contrôler. Devenus fond de commerce, les ânes continuent d’affluer en masse dans la capitale. Blessés ou malades, ils sont obligés de tenir la corde. Démarrant au quart de tour, ils font tourner en bourrique, les automobilistes, sous les yeux et la barbe des agents de police sans être inquiétés. Pour le revers de la médaille, les agents de la circulation leur déroulent le tapis rouge au moment où les automobilistes payaient pour leur inattention. Battus jusqu’au sang, les ânes sont obligés de défier les véhicules pour fuir les matraques et les bâtons de leurs propriétaires. Surexploités et mal nourris, les baudets tombent souvent au beau milieu de la circulation, à cause des lourdes charges.
Pour ravitailler les quartiers de la banlieue en eau potable, les charretiers brulent souvent les feux de signalisation à cause de leur course poursuite, créant ainsi des accidents ou des bouchons dans certains carrefours de la capitale. Sans coup férir, les charretiers continuent d’emboiter le pas aux automobilistes. Pour qui roulent-ils et pourquoi ont-ils toutes ses faveurs ; mystère ? Des imperfections longtemps décriées par le président de la communauté urbaine de Nouakchott, Ahmed Hamza. Ce dernier qui cherche à rehausser l’image de la ville, prône une capitale moderne sans charrettes. Mais son vœu semble se heurter à un mur d’incompréhension qui s’explique par le mutisme des autorités. Une politique de l’autruche des autorités qui favorisent l’exode massive des baudets qui trouvent en Nouakchott, leur terminus et leur tombeau.
Dialtabé

Source: Le quotidien de Nouakchott

 

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