Sénégal : Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô nommé premier ministre après le limogeage d’Ousmane Sonko

Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a nommé lundi le technocrate Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, un ancien de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest, à la tête du gouvernement.

AFP – Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a nommé, lundi 25 mai, le technocrate Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, un ancien de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), pour conduire les rênes du gouvernement en remplacement d’Ousmane Sonko, selon un décret lu à la télévision publique.

M. Lô a été secrétaire général dans le premier gouvernement formé par M. Faye, au pouvoir depuis avril 2024, avant d’être nommé ministre. « Le Sénégal est un pays sûr et viable », a affirmé dans sa première déclaration le successeur d’Ousmane Sonko, chef du gouvernement depuis avril 2024, limogé vendredi. « Il ne s’agit pas d’un changement de cap mais de méthode », a-t-il ajouté, citant la droiture, la transparence et « la souveraineté économique et culturelle » parmi les fondements de son action, autant de mantras en vogue sous M. Sonko.

MM. Faye et Sonko, deux anciens compagnons de route, se sont séparés après plusieurs mois de tensions. La rupture entre les deux hommes est survenue alors que la situation financière du pays ouest-africain est plombée par son énorme dette, 132 % du produit intérieur brut (PIB). Le traitement de cette dette est l’un des points de divergences entre eux. Le président sénégalais souhaite discuter avec le Fonds monétaire international (FMI) d’un nouveau programme d’aide ; l’ex-premier ministre vantant, au contraire, une approche souverainiste.

Ousmane Sonko avait suscité l’engouement des jeunes sénégalais

Empêché de se présenter à la présidentielle en raison d’une condamnation pour diffamation, M. Sonko avait désigné son bras droit, M. Faye, pour le remplacer dans la course avant que des divergences apparaissent entre eux.

Avec sa rhétorique panafricaniste, M. Sonko avait suscité l’engouement des jeunes sénégalais, après des mois d’un bras de fer avec le pouvoir de Macky Sall, président de 2012 à 2024, qui avait violemment réprimé des manifestations contre lui et contre la possibilité qu’il brigue un troisième mandat. A leur arrivée au pouvoir, en 2024, les nouvelles autorités ont accusé le pouvoir de l’ex-président d’avoir caché une partie de la dette, entraînant la suspension d’un programme d’aide du FMI de 1,8 milliard de dollars.

Source : Le Monde avec AFP
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