Santé : des chercheurs africains lancent une revue panafricaine

Agence de Presse Africaine – Onze chercheurs africains ont procédé lundi au lancement du Journal Africain d’Économie de la Santé, des Systèmes et des Politiques de Santé (AJHESP), première revue panafricaine bilingue, en libre accès et dédiée à la discipline, dans un contexte de forte contraction de l’aide internationale destinée à la santé en Afrique.

Cette initiative intervient alors que l’aide publique au développement consacrée à la santé sur le continent a été divisée par deux en quatre ans, passant d’environ 80 milliards de dollars en 2021 à moins de 40 milliards en 2025, selon des travaux de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) publiés dans The Lancet. Cette baisse oblige de nombreux États africains à financer davantage leurs systèmes de santé, dans un environnement marqué par un déficit de données scientifiques accessibles et adaptées aux politiques publiques.

Selon ses initiateurs, la nouvelle revue entend répondre à ce besoin. Conçue dès l’origine comme bilingue anglais-français, elle évalue les articles dans la langue de soumission et publie l’ensemble des contenus éditoriaux et résumés dans les deux langues. Elle ouvre également la possibilité de résumés en langues africaines. Entièrement en libre accès, elle ne facture aucun frais de publication aux chercheurs affiliés à des institutions africaines. Elle publie des articles originaux, des revues systématiques, des notes de politique, des commentaires et des analyses destinées à rapprocher la recherche des décisions publiques.

Le comité éditorial fondateur regroupe onze chercheurs issus de dix pays africains et de la diaspora, cumulant plus de 750 publications scientifiques évaluées par les pairs. Il est co-dirigé par le professeur Justice Nonvignon de l’Université du Ghana et le docteur Alex Adjagba de l’UNICEF Centre d’excellence au Kenya, aux côtés d’experts du Nigeria, du Bénin, du Burkina Faso, de Zambie, du Togo, du Kenya, de l’Ouganda et du Ghana.

Pour la professeure Ama Pokuaa Fenny, éditrice fondatrice, cette initiative met fin à une contrainte structurelle pour les chercheurs africains, souvent confrontés à des coûts de publication élevés. Elle estime que les travaux de qualité produits sur le continent doivent être pleinement intégrés à la littérature scientifique internationale.

De son côté, le professeur Edwine Barasa, du KEMRI-Wellcome Trust au Kenya, souligne que les décideurs publics africains prennent des décisions budgétaires majeures sans toujours disposer d’une mise à disposition efficace des données scientifiques existantes.

La revue est accompagnée d’un podcast intitulé « Il s’avère que nous avions ces données », destiné à renforcer le dialogue entre chercheurs et décideurs publics sur les politiques de santé en Afrique.

Source : Agence de Presse Africaine (APA)

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