Info Migrants – Plus de 150 migrants, en route vers les Canaries, ont dû faire demi tour alors que le moteur de leur pirogue est tombé en panne au large de la Mauritanie samedi. Le groupe avait quitté les côtes gambiennes six jours plus tôt.
L’issue aurait pu être dramatique. Une pirogue transportant plus de 150 migrants en route a dû faire demi-tour dans l’Atlantique, samedi 16 mai, selon la presse sénégalaise s’appuyant sur des sources sécuritaires. Le groupe avait pris la mer dimanche 11 mai depuis la Gambie dans l’espoir de rejoindre l’archipel espagnol des Canaries.
Mais arrivés au large de la Mauritanie, les migrants constatent que le moteur du bateau est tombé en panne. Les exilés décident donc de rebrousser chemin. À l’approche des côtes sénégalaises, les passeurs transfèrent les migrants sur des plus petites embarcations et prennent la fuite en mer. Les migrants, quant à eux, sont parvenus à rejoindre la plage de Guet Ndar, à Saint-Louis, dans le nord du Sénégal.
Sur place, les forces de l’ordre interpellent 85 passagers de la pirogue : neuf Sénégalais, 38 Gambiens dont cinq mineurs, 25 Maliens, six Ivoiriens, un Gabonais et un Congolais. Parmi ces personnes, cinq sont transférés à l’hôpital en raison d’un état de santé préoccupant.
La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a ouvert une enquête pour identifier et interpeller les passeurs qui ont pris la fuite après le transbordement.
Arrestation d’un passeur
Ces derniers mois, le Sénégal a multiplié les opérations contre les passeurs de migrants. Vendredi 15 mai, un Sénégalais, Y.Cissé, a été interpellé par la police sénégalaise alors qu’il s’apprêtait à fuir vers la Gambie, selon la presse locale. L’homme était recherché depuis décembre dernier.
Il est soupçonné d’avoir organisé le voyage vers les Canaries de près de 200 personnes, réparties dans deux pirogues, en fin d’année dernière. Les deux groupes avaient vu leur tentative de rejoindre l’archipel espagnol avortée après l’échec de leur traversée.
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Mi-avril aussi, sept personnes, soupçonnées d’appartenir à un réseau de trafic de migrants, avaient été interpellées à Ziguinchor, dans le sud du Sénégal, en Casamance. L’opération faisait suite à « l’exploitation d’un renseignement » signalant « la préparation imminente d’un projet de migration irrégulière à destination de l’Espagne », selon un communiqué de la police sénégalaise.
Le départ vers l’archipel espagnol des Canaries était prévu le 10 avril « à bord d’une embarcation de fortune transportant 200 personnes ». En échange, les migrants devaient débourser 400 000 francs CFA (environ 600 euros).
Chute des arrivées aux Canaries
Ces dernières années, la route migratoire au départ des côtes ouest-africaines pour rejoindre les îles Canaries est devenue l’un des principaux itinéraires empruntés par les migrants pour rejoindre l’Union européenne.
Face aux renforcements des contrôles côtiers au Maroc et en Mauritanie et au nord du Sénégal, de nombreux exilés prennent désormais la mer plus au sud, depuis la Casamance, la Gambie ou la Guinée, ce qui augmente considérablement les distances à parcourir dans l’Atlantique – un peu plus de 1 000 km séparent cette région des Canaries – et les risques encourus.

D’autant que les vents violents et les forts courants rendent la traversée très dangereuse. De nombreux témoignages rapportent les périls du voyage, soumis aux aléas météorologiques, aux avaries de moteur, à la soif et à la faim.
« Les voyages sur l’Atlantique sont déjà risqués. La distance est importante – il faut entre quatre et sept jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] -, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », expliquait en septembre dernier à InfoMigrants la chercheuse Delphine Perrin.
Cependant, si les tentatives persistent et que de nouvelles routes émergent, la surveillance des frontières semble porter ses fruits. Depuis le début de l’année 2026, les arrivées ont nettement diminué dans l’archipel espagnol. Entre le 1er janvier et le 30 avril, 2 276 migrants sont arrivés aux Canaries, contre 10 562 à la même période de 2025. Soit une baisse de 78 %. Sur l’ensemble de 2025 déjà, les autorités espagnoles avaient enregistré une chute des arrivées aux Canaries de 62 % en comparaison de 2024.
Source : Info Migrants (France)
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