AFP – Les démocrates ont infligé à Donald Trump et son Parti républicain une déroute d’ampleur historique en reprenant le contrôle du Congrès américain à l’issue des élections de mi-mandat mardi.
Ce vote rejet, en grande partie lié au coût de la vie, hypothèque les deux années restantes du mandat de Donald Trump : l’entrée en fonctions du nouveau Congrès le 3 janvier donnera aux démocrates une importante marge d’action contre le président.
La majorité reconquise à la Chambre des représentants et au Sénat leur permettra de bloquer des lois voulues par la Maison Blanche, entraver des nominations présidentielles et relancer des enquêtes visant Donald Trump et son gouvernement.
« Nous allons demander des comptes », a prévenu Hakeem Jeffries, chef des démocrates à la Chambre pressenti pour en devenir le premier président afro-américain.
« Je suis super enthousiaste à l’idée que le changement arrive », a lancé Tracie Moore, une cheffe d’entreprise quinquagénaire rencontrée par l’AFP à Atlanta, en Géorgie (sud-est).
« Récupérer notre pays »
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© AFP Des personnes votent pour les élections de mi-mandat à Akron, dans l’Ohio le 3 novembre 2026 |
« J’ai presque envie de pleurer. C’est tellement excitant. On va pouvoir récupérer notre pays », a déclaré Kathy Jackoway, une électrice du Texas célébrant l’élection de James Talarico, premier sénateur démocrate élu de l’Etat en près de 40 ans.
Les démocrates ont gagné sept sièges au Sénat, où ils disposeront d’au moins 54 élus sur 100, tandis que les projections du New York Times leur accordaient à l’aube mercredi (11H00 GMT) une majorité solide d’au moins dix sièges, à 228 élus, à la Chambre des représentants.
Pour Todd Belt, politologue à l’université George Washington, ces résultats marquent « un rejet fort de Donald Trump et de ses politiques ».
La déroute des républicains a été alimentée par la colère des électeurs face au coût de la vie, tiré vers le haut par les droits de douane et la guerre en Iran, qui a fait flamber les prix des carburants et plonger la cote de popularité du président.
Donald Trump a assuré au New York Times qu’il accepterait le résultat des élections mais s’est dit prêt, sur sa plateforme Truth Social, à utiliser son droit de veto contre les lois qu’adopteront les démocrates au Congrès.
« Nous avons battu Goliath »
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© AFP Les démocrates James Talarico et Gina Hinojosa lors de la soirée électorale des midterms au Texas, à Austin, aux États-Unis, le 2 novembre 2026 |
« Je ne considère pas que c’était dirigé contre moi », a affirmé le président-milliardaire de 80 ans dans une interview à Fox News, refusant d’endosser la responsabilité de la défaite.
Il avait auparavant déclaré sur Truth Social que les républicains auraient gagné si son nom avait figuré « sur les bulletins ».
Les démocrates ont gagné jusque dans des Etats acquis aux républicains depuis des décennies.
Le Kansas, qui n’avait pas élu de sénateur démocrate depuis 1932, a ainsi enregistré la victoire d’Adam Hamilton.
En Caroline du Sud (sud-est), la démocrate Annie Andrews a ravi le siège de sénatrice à Darline Graham, choisie personnellement par Donald Trump pour succéder à son frère Lindsey Graham décédé en juillet.
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© AFP Au moins 27 sièges passent sous contrôle des démocrates à la Chambre des représentants |
Au Texas, autre bastion conservateur, la dernière élection d’un sénateur démocrate remontait à 1988… un an avant la naissance de James Talarico.
« Ce soir, nous avons battu Goliath », a déclaré ce séminariste presbytérien de 37 ans, lors de son discours de victoire à Austin, aux côtés de Gina Hinojosa, élue gouverneure.
La campagne très disputée au Texas avait vu l’homme le plus riche de la planète, Elon Musk, débourser plus de 220 millions de dollars en faveur du républicain ultraconservateur Ken Paxton.
Caroline du Nord, Iowa, Ohio…
Les démocrates ont aussi fait basculer des sièges de sénateur en Caroline du Nord, en Iowa ou encore dans l’Ohio, tous remportés par Donald Trump en 2024.
Dans le Maine, un ancien bûcheron, Troy Jackson, a mis un terme à près de 30 ans de règne de la sénatrice républicaine sortante Susan Collins.
Les démocrates ont préservé dans le même temps plusieurs sièges cruciaux qu’ils détenaient déjà.
En Géorgie, Jon Ossof, nouvelle étoile montante du parti, a été réélu au Sénat.
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© AFP Abdul El-Sayed, médecin démocrate élu premier sénateur des Etats-Unis musulman, le 4 novembre 2026 à Detroit (Michigan) |
Dans le Michigan, Etat industriel frontalier du Canada et où vit une importante communauté arabo-américaine, le médecin démocrate Abdul El-Sayed, issu de la gauche du parti, est devenu le premier musulman élu sénateur des Etats-Unis, au terme d’un affrontement très serré et acrimonieux avec son adversaire Mike Rogers, ex-député républicain et ancien agent du FBI.
Parmi les seules consolations pour Donald Trump, les candidats républicains dans son bastion de Floride ont gardé les sièges de sénateur et de gouverneur.
Washington (États-Unis) (AFP)
Source : Courrier international (France)
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