En Mauritanie, le paysage médiatique présente un paradoxe frappant : une diversité apparente de médias, mais une réalité marquée par une grande fragilité économique et professionnelle.
Entre domination des médias publics et difficultés chroniques du secteur privé, la presse peine à remplir pleinement son rôle. Un secteur dominé par l’État Les médias publics — radio, télévision et agence officielle — occupent une place centrale. Ils concentrent l’essentiel des ressources et de la visibilité. À l’inverse, la presse privée survit difficilement, notamment en raison d’un accès limité aux financements et à la publicité.
Dans ce contexte, l’attribution des ressources reste largement contrôlée par l’État. Pour en bénéficier, de nombreux médias sont contraints de s’aligner sur le pouvoir en place, ce qui pose la question de leur indépendance éditoriale.
Le déclin du papier, l’essor du numérique
Comme ailleurs, la presse écrite est en net recul. La baisse des ventes et des revenus publicitaires fragilise encore davantage les journaux. Parallèlement, les médias en ligne se développent rapidement, sans pour autant offrir un modèle économique stable.
Des journalistes en situation de précarité
La condition des journalistes demeure préoccupante : Salaires faibles, irréguliers, voire inexistants. Absence fréquente de contrats formels. Manque de protection sociale et de sécurité de l’emploi
En 2025, environ 1 800 journalistes du secteur public ont été régularisés après des années de précarité — une avancée notable, mais qui ne concerne pas l’ensemble de la profession. Les pigistes restent particulièrement vulnérables : souvent mal rémunérés, parfois non payés, ils travaillent sans garanties ni couverture sociale.
Des inégalités persistantes
Les journalistes s’exprimant dans les langues nationales restent largement marginalisés et peu reconnus. Cette situation reflète des déséquilibres structurels au sein du paysage médiatique. Des instances fragilisées Les organes de régulation et les structures censées défendre la profession sont critiqués pour leur manque d’efficacité. Certains sont perçus comme proches du pouvoir, tandis que le syndicat des journalistes apparaît affaibli et en perte d’indépendance.
MBG dit Alia Gaye
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