
Lauthentic.info – Le siège de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) a accueilli samedi 23 mai 2026 une cérémonie d’adhésion qui a concerné les représentants de plusieurs localités harratines de Monguel ainsi que celle de personnalités maures.
Les adhésions au mouvement abolitionniste IRA se succèdent à un rythme quasi quotidien. Il y a à peine trois ou quatre jours, des adhésions de taille ont été célébrées au cœur du siège du mouvement sis à la Cité Plage de Nouakchott.
Ce jour de samedi 23 mai 2026, de nouvelles adhésions importantes et qualitatives ont été également divulguées en présence des militants et de plusieurs journalistes et blogueurs.
Retour sur quelques réactions agressives
A l’entame, Birame Dah Abeid, président d’IRA, a développé un long discours relatif aux réactions suscitées par son intervention au cours du débat public organisé sur la question harratine il y a quelques jours par la Fondation Sahel. Il avait critiqué d’emblée le thème abordé par le principal orateur, le président Mohamed Jemil Mansour.
Ce dernier serait revenu, selon lui, à un contexte hors propos. Il a comparé l’époque que nous vivons avec celle des compagnons du Prophète (PSL), les harratines étant les serviteurs d’aujourd’hui et les Maures la noblesse et les Qoraïchs d’autre fois.
L’orateur serait revenu sur des théories anciennes de la lutte contre l’esclavage et sur la question harratine, oblitérant l’autarcie quasi institutionnelle autour de cette question, le régime actuel ayant exprimé son aversion envers cette communauté au point d’interdire une marche nationale qui célébrait depuis des années la journée de solidarité autour de la Charte pour les droits politiques, économiques et sociaux des Harratines, dénommée « MITHAQH Harratine ».
Selon Birame, cet état de fait s’ajoute à une autre question centrale, ou pourquoi beaucoup parmi la noblesse maure dédaigne baptiser ses enfants des noms de Bilal ou de Zayed. C’est ce point de vue basé sur une classification erronée des sociétés qui aurait expliqué sa virulente réplique lors du débat en question.
Puis, de démystifier l’idée d’une lutte contre l’esclavage purement islamique, affirmant qu’aujourd’hui les peuples les plus réfractaires à ces pratiques sont des peuples non musulmans, citant l’abolition de l’esclavage aux Amériques et en Europe depuis le 18ème siècle et les flambeaux de la lutte portés pendant plus de deux siècles par des activistes non-musulmans, comme Martin Luther King.
Il a rappelé des formes extrêmes du combat contre ce phénomène qui ont secoué les consciences et forcé à une remise en question de vérités jusque-là établies, comme l’autodafé des livres noires de l’esclavage qu’il avait mené en 2012.
Enfin, Birame trouve que l’intervention de Mohamed Jemil Mansour lors du débat organisé par la Fondation Sahel était pauvre dans son contenu et inepte dans sa conception. Ce qui lui vaut aujourd’hui des réactions agressives, comme celles de Khalil Ould Dedde du RFD, Idoumou Ould Jiyid et Mohamed Jemil Mansour lui-même.
La dualité autour de la question harratine
La vraie question qui se pose aujourd’hui, selon Birame, ce sont les contradictions du pouvoir sur la question harratine et sa politique visant à détourner l’essentiel du débat national, vers des questions périphériques, inessentiels et diviseurs, comme les questions communautaristes.
Enfin, Birame s’est longuement étendu sur la contradiction entretenue par le pouvoir actuel sur l’arabité des Harratines. Selon lui, la Constitution ne reconnait que quatre composantes nationales : arabes, pulaar, soninké et wolofs. Les harratines sont sensés appartenir au groupe Arabe. Or, en déposant une liste de reconnaissance de partis composée de harratines, de wolofs, de soninkés et de pulaar, le pouvoir invoque l’absence d’une composante pour expliquer le rejet de reconnaissance du parti.
Ainsi, tacitement et en dehors de l’esprit de la Constitution, la présence d’un maure blanc bon teint bon genre dans la composition des partis, serait de facto l’exigence pour que la liste soit validée comme s’il existait une cinquième composante nationale dénommée « Maure blanc », auquel cas, selon Birame, cette composante doit figurer dans la Constitution. Et de poser l’équation suivante : soit les Harratines sont considérés comme Arabes ou bien ils constituent une 5ème composante de la population à qui il est urgent de trouver une place dans la Constitution.
Ainsi, une demande formulée par un parti composé de maures blancs, un wolof, un soninké et un halpulaar passe, mais une demande avancée par un parti composé de harratines, wolofs, soninké et halpulaar ne passe pas. Cherchez l’erreur.
Les nouveaux adhérents s’expriment
Ali Mohamed Ould Ebnou (frère du grand intellectuel Beddy Ould Ebnou) a déclaré son soutien total et indéfectible au mouvement IRA et à son président Birame Dah Abeid, évoquant ses qualités de leader incontesté de la lutte contre les injustices. Il est journaliste et membre de la société civile au sein de la Commission nationale des droits de l’homme, lui-même victime des exactions du système, a-t-il déclaré.
Il a évoqué dans la trame de son discours, ses décousues lors de sa candidature, qu’il a finalement retiré, au poste de Doyen à la récente élection organisée par le Syndicat des Journalistes de Mauritanie (SJM). Selon lui, toutes les magouilles ont été organisées lors de ce scrutin, y compris l’achat des consciences et le bourrage des urnes.
Il déclare avoir subi de fortes pressions pour le dissuader d’adhérer à IRA, soulignant que ce mouvement, malgré tous les efforts déployés par le régime afin de le dégarnir de ses militants à travers les achats de conscience, s’est montré encore plus résilient. Chaque défection au sein de IRA est aussitôt compensée par des dizaines d’adhésion, a-t-il soutenu.
Il a déclaré enfin, que Birame Dah Abeid sera le président de la Mauritanie en 2029, car le seul, selon lui, qui incarne l’alternance politique dans ce pays, le seul capable de balayer le système militaire hérité des régimes de 1978, qui change de tête sans jamais changer de mode de gouvernance.
Ahmed Ould Moustapha Ould Sid’Ahmed est de la tribu des Ideyboussat de Doueirara. Il appartient à la même tribu que celle du Président Ghazouani. Il déclare représenter une bonne partie de cette commune rurale du Hodh Gharbi. Il a, dans ce cadre, solennellement déclaré son adhésion au mouvement IRA et aux idéaux du président et député Birame Dah Abeid, convaincu avec son groupe, qu’il représente l’espoir des Mauritaniens pour le redressement d’un pays qui selon lui se dirige vers l’inconnu.
Hadrami Ould MBareck est à la tête d’une délégation qui représente plusieurs localités de Monguel. Il est venu annoncer l’adhésion de ces groupes au mouvement IRA.
Cette décision résulte, selon lui, du refus du Hakem de Monguel d’autoriser une réunion qui au départ concernait des questions purement internes aux populations, sans aucune connotation politique, car cela concernait seulement des festivités de la jeunesse qu’ils organisent chaque année. Mais le Hakem aurait refusé de leur accorder l’autorisation de se réunir parce qu’il dit « sentir» derrière ce rassemblement l’odeur du mouvement IRA.
C’est pourquoi, les représentants de ces localités ont décidé cette fois, d’organiser samedi 30 mai 2026, une réunion qui sera présidée par Birame Dah Abeid et sous les auspices du mouvement IRA, comme cela, le Hakem aura de véritables raisons pour justifier son jugement.
Selmane Ould Bowbah, de la communauté des artisans traditionnels ou « Lemaalmine », une communauté hautement ostracisée. Il dit représenter un groupe important de sa classe sociale, révoltée contre les inégalités sociales dont elle est victime. Il trouve incongrue qu’en 2026, la Mauritanie soit encore à un stade où les problèmes de citoyenneté et d’égalité sociale se posent encore. En porte-parole de ce groupe, il a annoncé solennellement adhérer au mouvement IRA et à son président Birame Dah Abeid.
Ould Sidi Yaaraf, a dénoncé l’emprisonnement abusif des militants d’IRA, en particulier celui des deux députés, Marième Cheikh Dieng et Ghamou Achour. La loi dite des Symboles lui rappelle, selon lui, le fameux article 11 de la Constitution qui bâillonnait l’exercice de la presse dans les années 90. Mais cette loi sur les symboles est encore pire, d’après lui, dans le musellement des voix critiques à l’égard du pouvoir actuel.
Fatimetou Mint Momma
La présence de cette jeune militante, Fatimetou Mint Momma, à ce rassemblement organisé au siège du mouvement IRA semble presqu’incongrue. Elle ne s’est pas exprimée lors de cette rencontre, car elle est déjà membre confirmée du mouvement IRA, mais sa seule présence est remplie de symbole.

Elle appartient à une famille qui a tissé de solides liens au sein de l’appareil d’Etat, respectée et adulée, et dont l’aura était portée jusque-là par le défunt Ely Cheikh Ould Momma.
Qu’elle déclare aujourd’hui porter le ressentiment d’une famille aussi importante que celle de la famille de Ehel Cheikh Mohamed Vadel Ould Mamine, témoigne sans aucun doute d’un déséquilibre dans la nouvelle configuration des préséances tribales, socle sur lequel repose en partie l’exercice politique en Mauritanie.
Selon elle, cette famille est depuis longtemps ostracisée, car ne s’étant jamais bien intéressée par l’exercice du jeu politique, Elle ne compte que de rares cadres au sein de l’administration publique et est peu présente dans les structures de l’armée. Ses membres seraient selon elle marginalisées et vivent des injustices sans commune mesure.
Fatimetou Mint Momma fait ainsi partie de cette jeune génération qui s’est libérée de son milieu ultra conservateur pour se mettre aux services d’un mouvement aussi diabolisé que le mouvement IRA et d’un homme politique aussi dénaturé que Birame Dah Abeid.
Cheikh Aïdara





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