Courrier international – C’est donc “une nouvelle épreuve de force risquée” qu’a entamée Donald Trump dans le détroit d’Ormuz, note The Wall Street Journal. Depuis lundi soir, les États-Unis y imposent un blocus militaire. Plus de quinze navires de guerre participent à l’opération selon le Wall Street Journal.
The Guardian parle, lui, d’un “test d’endurance économique”. D’après le quotidien britannique, le blocus pourrait coûter 276 millions de dollars par jour à l’Iran, privé d’exportations. Mais le coût de l’essence risque de continuer à grimper aux États-Unis, mettant la pression sur Donald Trump, et “les Iraniens parient sur le fait que sa tolérance à la douleur politique est limitée”, estime The New York Times. C’est le début d’une “guerre d’usure”, dit encore The Telegraph. “Mais est-ce qu’un embargo réussira là où 13 000 frappes aériennes ont échoué ?” demande le journal.
Al-Jazeera rapportait en tout cas qu’en fin de journée, au moins deux navires avaient fait demi-tour à l’approche du détroit une fois le blocus officiel. Le Rich Starry, un pétrolier de 188 mètres parti des Émirats arabes unis en direction de la Chine, et l’Ostria, autre tanker de 175 mètres. De son côté, CNN croit savoir, en s’appuyant sur les données de la firme Kpler, qu’un autre navire, l’Elpis, a franchi le détroit.
Sur son réseau Truth Social, le président américain a affirmé que son armée avait détruit la marine iranienne, mais pas les petits bateaux qui peuvent attaquer les pétroliers et les porte-conteneurs. Il a toutefois prévenu que “si l’un de ces bateaux se rapproche de notre blocus, il sera immédiatement éliminé, avec la même technique que nous utilisons contre les trafiquants de drogue en mer”.
J. D. Vance relativise l’échec d’Islamabad
Pour Le Soir, “Trump impose son blocus d’Ormuz sans fermer la porte aux négociations”. Face aux journalistes à la Maison-Blanche, il a d’ailleurs assuré qu’il avait reçu des appels de l’Iran. “Ils aimeraient arriver à un accord. Vraiment beaucoup”, leur a-t-il raconté, en récupérant une livraison de McDonald’s, précise le Middle East Eye.
Le président iranien, Masoud Pezeshkian, a évoqué la situation au téléphone avec Emmanuel Macron, signale NBC News. Il a confié à son homologue français que “son pays était prêt à continuer les discussions avec les États-Unis dans le cadre du droit international” et a invité M. Macron, ainsi que l’Europe, “à jouer un rôle constructif en encourageant les États-Unis à respecter ce cadre”. Il a aussi mentionné que les “demandes excessives des États-Unis” étaient à l’origine de l’échec des négociations au Pakistan ce week-end.
Un point de vue que ne partage pas à l’évidence J. D. Vance, le représentant américain dans ces discussions à Islamabad. Interviewé sur Fox News, le vice-président des États-Unis a clamé que “le ballon était dans le camp iranien” désormais. D’après lui, les négociateurs iraniens sur place n’avaient pas l’autorité pour signer un accord. “Je ne dirais pas que les choses se sont mal passées. Je pense aussi que des choses se sont bien passées. Nous avons fait beaucoup de progrès […] C’est peut-être la première fois qu’on a vu le gouvernement iranien et le gouvernement américain se rencontrer à un tel niveau dans l’histoire de l’actuel leadership iranien”, a-t-il indiqué.
Plusieurs sources ont déclaré aux médias américains que l’administration Trump voulait un engagement des Iraniens à ne pas enrichir d’uranium et à suspendre toute activité nucléaire pendant vingt ans. Les Iraniens, eux, ont proposé cinq ans.
Source : Courrier international (France)
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com



