Mauritanie : une société prise en otage par le silence et la honte

L’agression d’une mineure à Toujounine, cette semaine dans la wilaya de Nouakchott -Nord continue de susciter indignation et colère de la famille concernée et des ONG nationales dont SOS Esclaves.

Cette agression sexuelle sur mineure est légion dans les quartiers populaires de Nouakchott. Et la police intervient généralement après le drame. Cette logique de réaction plutôt que de prévention laisse les fillettes exposées à des viols où l’insécurité nocturne et l’absence d’éclairage public sont des facteurs aggravants. Ce dernier cas d’une fillette de 7 ans, est révélateur d’une justice encore incapable de protéger les mineures. Les ONG mauritaniennes dont SOS Esclaves dénoncent depuis des années, l’absence d’une loi spécifique contre les violences faites aux femmes et aux enfants. La stagnation de la loi « Karama », un projet de loi mauritanien conçu pour criminaliser les violences basées sur le genre et protéger les femmes et les filles, est bloquée au parlement depuis plus d’une décennie par les islamistes. Ces derniers affirment que cette loi contredit la Charia ou loi islamique. Tant que KARAMA restera enterrée, les violences sexuelles restent un crime politique produit par l’État lui-même.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 09 septembre 2026)

 

 

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