
Les observateurs reviennent sur la suspension temporaire des autorisations de tenue des festivals à l’intérieur du pays qui prive ainsi les régions de leurs rares espaces de visibilité sur le champ culturel.
Les festivals comme Festival image du fleuve de Boghé, festival de Jowol sont des lieux de parole, de musique, de poésie, de mémoire. Les annuler même temporairement surtout en cette période estivale, revient à étouffer les voix qui ne passent pas par les médias officiels. Lieux où s’expriment les cultures haratines, peules, soninkés, wolofs, la scène festivals suspendus renforcent l’hégémonie d’un récit national centralisé. C’est un acte politique lourd, révélateur d’un pouvoir qui redoute la parole libre, les foules non encadrées, et tout ce qui pourrait ressembler à une respiration collective hors de Nouakchott. C’est tout un territoire qui est mis sous silence. Les motifs avancés — « sécurité », « risques de troubles », « mobilisation excessive » — sont les mêmes prétextes utilisés pour interdire des réunions politiques, bloquer des conférences, ou empêcher des marches pacifiques. Un État qui ferme les scènes est un État qui ferme les yeux sur ses responsabilités.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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