En faisant le bilan de la santé, deux ans après la réélection de Ould Ghazouani, le ministre de la santé apparaît comme un bureaucrate déconnecté de la réalité avec des chiffres qui concernent plus les bailleurs que les 11 000 agents du secteur.
Dans un pays où l’État proclame la solidarité nationale avec 900 000 citoyens sur plus de 3 millions, bénéficient du Fonds national de solidarité et seulement 150000 familles pour la couverture sanitaire universelle, les régions de l’intérieur sont abandonnées, sans médecins, sans ambulances, sans médicaments.
De même, les hôpitaux publics sont saturés, sous-équipés, et parfois indignes. Les décisions sont prises dans des bureaux climatisés de Nouakchott, loin des réalités de Kaédi, Kiffa, Néma ou Sélibaby. La santé publique est devenue un marché, pas un service public avec des programmes de santé dictés par les bailleurs. Les médecins, infirmiers, sage-femmes et agents communautaires tiennent le système à bout de bras. Pendant ce temps, à Nouakchott, les cliniques privées prospèrent, les évacuations sanitaires se multiplient, et les élites médicales se concentrent dans quelques quartiers privilégiés. Si le système tient encore debout, c’est grâce aux soignants. La santé est un droit fondamental, inscrit dans les textes, bafoué dans les faits.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 08 juin 2026)
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