Mauritanie : une bombe sanitaire à ciel ouvert

Dans un pays où les médicaments sont vendus dans les marchés, dans les rues, dans les boutiques et enfin dans les pharmacies comme la vente des denrées alimentaires, il est utopique de parler de contrôle encore moins de tracabilite ou de la chaîne du froid. Ce chaos n’est pas un accident même si le gouvernement vient de mettre en place un nouveau cadre pour réglementer le marché des médicaments.

 

Chaque comprimé acheté dans l’informel est une roulette russe sanitaire. Les Mauritaniens sont  soumis à cette épreuve depuis des décennies. Et avec l’accession au pouvoir de Ould Ghazouani en 2019, presque rien n’a change dans la prolifération de la vente illégale de médicaments comme en témoignent les nombreuses saisies à l’aéroport international de Nouakchott et aux postes frontières du pays. Le paradoxe est impensable pour un pays où le système national de déclaration et bases de données est défaillant. Les laboratoires sont mal équipés. Le cœur du problème ce sont les conflits d’intérêt dans un pays où tout est commerce. La régulation du trafic des médicaments devient une négociation privée, et la santé publique, une variable d’ajustement. Le nouvelle réglementation du marché des médicaments devient ainsi une simple piqûre de rappel. Les observateurs refusent que les malades chroniques soient condamnés par le prix des médicaments et que les médicaments falsifiés circulent librement en toute impunité. La santé ne doit pas être un business, réservé à des personnes privilégiées.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 09 juin 2026)

 

 

 

 

 

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