Au moment où les observateurs s’interrogent sur l’approvisionnement en eau de la ville de Nouakchott via le réseau côtier d’Afout, la hausse de la turbidité des eaux du fleuve Sénégal est un signal hydrologique et politique majeur.
En cette période des pluies, la turbidité augmente parce que le fleuve reçoit aujourd’hui des crues plus brutales.
Dans un contexte où les aménagements des barrages Manantali et Diama modifient les dynamiques naturelles, ce phénomène est à prendre au sérieux par les autorités de Nouakchott. C’est un indicateur politique, révélateur d’abord d’une défaillance de la gouvernance hydrologique avec l’incapacité du gouvernement de Ould Diay à anticiper les crues ou à mesurer correctement les sédiments. Ensuite la dépendance extrême aux aménagements avec les barrages qui sont gérés selon des logiques énergétiques ou agricoles, rarement écologiques. Enfin, l’injustice environnementale avec les communautés de la vallée, souvent les plus pauvres qui paient le prix de la dégradation du fleuve. L’approvisionnement correcte en eau potable dépend de la gestion du fleuve du fleuve Sénégal. Cette turbidité révélée par le gouvernement est à la fois l’évolution du climat sahélien, les limites des aménagements du fleuve, et la fragilité des systèmes de surveillance.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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