Les observateurs reviennent sur une question sensible au niveau de la justice mauritanienne. Les audiences en général s’ouvrent ou se ferment selon l’humeur du moment, la sensibilité du dossier et le niveau de gêne que la vérité pourrait provoquer.
C’est ce que la loi appelle « procès publics ». Dans la réalité, la publicité des procès est un droit confisqué par le pouvoir. L’accès au procès des opposants reste restreint et le filtrage à l’entrée des procès des journalistes, des huit clos officieux pour les procès de corruption et pour clore cette triste réalité, les procès de citoyens ordinaires sans témoins et sans observateurs. La justice fonctionne ainsi comme une forteresse où elle choisit son public. Un théâtre politique auquel se livre le pouvoir depuis 2019. L’accès du public aux procès est un droit. Mais au fond, quand un dossier dérange, comme les procès d’organisations non gouvernementales de droits de l’homme contre la corruption, la justice ferme les portes. De même les procès politiques. Ou également quand un accusé appartient aux élites du pouvoir, les caméras sont contrôlées. Tant que le public ne pourra pas entrer librement dans les salles d’audience, la justice mauritanienne restera une justice de façade. Une justice qui protège les puissants, pas les victimes.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 26 mai 2026)
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