Mauritanie – Rapport de l’IGE : notre enquête lève une partie de l’anonymat sur les structures contrôlées

Le rapport annuel d’activités 2024-2025 de l’Inspection générale d’État dresse un constat particulièrement préoccupant : sur 32,862 milliards MRU examinés, les irrégularités relevées représentent un impact financier global de 2,375 milliards MRU.

À elle seule, la commande publique concentre 1,419 milliard MRU, soit près de 60 % de l’impact financier total. Autrement dit, une grande partie des pertes, dépenses injustifiées et manquements constatés trouve son origine dans la manière dont les marchés sont préparés, attribués, exécutés ou réceptionnés.

Le rapport fournit de nombreux renseignements : secteurs inspectés, périodes examinées, montants contrôlés, nature des organismes, opérations vérifiées, irrégularités découvertes et mesures correctives prises.

Mais il laisse de côté une information essentielle : le nom des ministères, établissements publics, projets, responsables et entreprises concernés.

Nous avons donc tenté de lever une partie de cet anonymat.

Il ne s’agissait pas de dresser une liste au hasard ni d’accuser des structures sur la base d’une simple ressemblance. Nous avons travaillé selon la méthode du faisceau d’indices, en croisant les informations du rapport avec des textes officiels, les missions légales des organismes, les documents budgétaires, les décisions administratives et les informations déjà rendues publiques.

Pour retenir une identification, plusieurs éléments devaient converger : le secteur, la période contrôlée, le statut juridique de l’organisme, ses missions, la nature des opérations examinées et, lorsque cela était possible, l’existence d’une inspection déjà signalée publiquement.

Lorsque ces indices ne permettaient pas d’écarter raisonnablement les autres hypothèses, nous avons préféré ne pas citer de nom.

Il convient donc d’être précis : les identifications présentées dans cette enquête ne constituent pas, à elles seules, une confirmation officielle de l’IGE. Certaines sont pratiquement certaines, tandis que d’autres reposent sur un faisceau d’indices particulièrement fort. Seule la publication des rapports particuliers permettrait de trancher définitivement.

Maaden Mauritanie : une concordance difficilement contestable

Dans le secteur des mines et de l’énergie, l’IGE indique avoir contrôlé, pour la période allant de 2020 à 2024, un établissement public dont les opérations auditées représentent 4,896 milliards MRU. Plusieurs éléments retiennent immédiatement l’attention.

Le rapport parle du contrôle de la production et de la commercialisation de produits, de la délivrance d’autorisations, de l’aménagement d’infrastructures, de la gestion d’un service public, du recouvrement de recettes et de redevances ainsi que de contrats d’exploitation cédés en dehors du cadre légal.

La période constitue un premier indice important : l’établissement concerné commence ses activités en 2020, année de création de Maaden Mauritanie.

La nature des missions fournit un deuxième indice. Maaden Mauritanie a précisément pour rôle d’encadrer l’exploitation minière artisanale et semi-industrielle, d’aménager les zones d’activité, d’offrir certains services aux exploitants et de participer au suivi de la production et de la commercialisation.

Un troisième élément vient renforcer cette identification : en septembre 2024, plusieurs médias avaient annoncé l’ouverture d’une mission de l’IGE portant sur les comptes et la gestion de Maaden Mauritanie. Pris isolément, chacun de ces indices pourrait ne pas suffire. Réunis, ils désignent très fortement le même établissement.

L’IGE a relevé dans cette mission des surfacturations, des travaux payés mais partiellement exécutés ou non conformes, des dépenses sans contrepartie, des exonérations de redevances dépourvues de fondement juridique, des pénalités de retard non recouvrées et des infrastructures réalisées mais demeurées inexploitées.

Le rapport mentionne aussi une insuffisance dans le suivi des recettes et des recrutements jugés peu transparents. Il précise enfin que le dossier a été transmis aux autorités compétentes, que des mesures administratives et disciplinaires ont été prises et qu’une prise en charge considérée comme injustifiée a été annulée.

Habitat et urbanisme : le ministère est identifiable, pas les trois établissements

Quatre missions ont été réalisées dans le secteur de l’habitat et de l’urbanisme. Elles portent sur un département ministériel et trois établissements publics placés sous sa tutelle, pour les exercices 2020 à 2023. Avec 10,875 milliards MRU examinés, il s’agit du secteur affichant le montant contrôlé le plus élevé dans le rapport.

L’identité du département ministériel ne fait guère de doute. L’intitulé du secteur, les compétences décrites et la référence aux conventions de délégation de maîtrise d’ouvrage publique conduisent directement au ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire.

La même certitude n’existe pas pour les trois établissements sous tutelle. Plusieurs organismes peuvent correspondre à certaines caractéristiques mentionnées, mais le rapport ne fournit pas assez d’éléments pour établir une distinction fiable. Nous avons donc choisi de ne pas les nommer.

Dans l’ensemble de ce secteur, l’IGE dit avoir constaté des marchés attribués sur la base d’attestations falsifiées, des ententes directes injustifiées, de fausses mises en concurrence, des cessions illégales de marchés, des doubles paiements et des équipements réglés mais non livrés.

Le rapport évoque également des travaux partiellement exécutés ou non conformes, des infrastructures coûteuses laissées sans exploitation, des avances de démarrage non apurées, des cautions non mobilisées et des conflits d’intérêts dans le contrôle de certains travaux.

Une précaution s’impose cependant : ces constatations sont regroupées au niveau du secteur. Le rapport ne permet pas de savoir lesquelles concernent directement le ministère et lesquelles se rapportent à chacun des trois établissements contrôlés.

De la même façon, les 10,875 milliards MRU représentent le montant total examiné pour les quatre entités. Il serait erroné de présenter cette somme comme le budget du ministère ou comme le montant des irrégularités qui lui seraient personnellement imputables.

Santé : le ministère et la CAMEC apparaissent derrière les deux missions

Dans le secteur de la santé, l’IGE a réalisé deux missions portant sur un département ministériel et un établissement public, pour les exercices allant de 2019 à 2024. Le montant total audité atteint 7,817 milliards MRU.

Le département concerné est le ministère de la Santé.

Quant à l’établissement public, les indices conduisent très fortement à la Centrale d’achat des médicaments, équipements et consommables médicaux, la CAMEC. Le rapport traite notamment de l’achat et de la distribution des médicaments, des conventions de dépôt avec paiement après la vente, des ruptures d’approvisionnement, des produits proches de la péremption, du stockage de médicaments périmés et des conditions de transport et de conservation. Il est aussi question d’équipements médicaux et biomédicaux, de maintenance préventive et corrective, ainsi que de médicaments et d’équipements payés mais non livrés.

Cet ensemble d’activités correspond précisément au périmètre du ministère de la Santé et de la CAMEC. Parmi les irrégularités relevées figurent des surfacturations, des prestations de maintenance facturées mais non exécutées, des achats réglés sans livraison effective, des équipements réceptionnés malgré  leur non-conformité et des dépenses dépourvues de pièces justificatives.

Le rapport évoque également des avantages indus, des prêts accordés à des agents sans garanties suffisantes, des équipements inutilisés et l’absence d’une base de données centralisée recensant le matériel médical disponible.

À la suite du contrôle, un marché conclu par entente directe a été annulé et remplacé par un appel d’offres ouvert. Des contrats de bail et de nettoyage jugés injustifiés ont été résiliés, des médicaments périmés ont été détruits et des sanctions administratives ont été prononcées.

Ici encore, le rapport regroupe les constatations. Il ne permet pas d’attribuer automatiquement chaque irrégularité au ministère ou à la CAMEC. L’identification des deux structures ne signifie donc pas que toutes les observations concernent indistinctement chacune d’elles.

Élevage : le ministère et le FPDE au centre des contrôles

Dans le secteur de l’élevage, les deux missions portent sur le budget général du département ministériel et sur un compte d’affectation spéciale. Elles concernent les exercices 2023 et 2025, pour un montant total de 1,299 milliard MRU. Le département est le ministère de l’Élevage. Le compte d’affectation spéciale correspond, selon les éléments disponibles, au Fonds pour la promotion du développement de l’élevage, le FPDE.

Ce fonds a été créé en 2021 afin de financer des activités de développement et de valorisation du secteur. Sa nature juridique, son objet, sa tutelle et les opérations décrites dans le rapport concordent. L’IGE fait état de travaux payés mais non exécutés ou non conformes, d’équipements réglés mais non livrés, de versements dépassant les obligations contractuelles et d’infrastructures réalisées mais non exploitées.

Elle mentionne également des études financées mais non utilisées, des dépenses non éligibles, de fausses mises en concurrence, des déficits dans la gestion du carburant, des avances de démarrage non apurées et un manque de transparence dans la réception des travaux et des fournitures. Les indices réunis permettent donc de considérer que cette partie du rapport concerne le ministère de l’Élevage et le FPDE, sans qu’il soit possible de répartir précisément les irrégularités entre les deux.

Pêche : le ministère est certain, l’établissement reste à déterminer

Trois missions concernent le secteur de la pêche ainsi que les infrastructures maritimes et portuaires, pour les exercices 2023 à 2025. Le montant total examiné atteint 1,592 milliard MRU. La première mission porte sur le budget général du département ministériel, la deuxième sur ses comptes d’affectation spéciale et la troisième sur un établissement public sous tutelle.

Le département ne peut être que le ministère chargé des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires. L’intitulé du secteur et les comptes spéciaux liés aux activités de pêche, de surveillance et d’appui institutionnel rendent cette identification certaine. L’IGE a relevé des retraits de fonds injustifiés, des recettes locatives non recouvrées, des redevances non acquittées, des loyers minorés sans justification et des impôts ou cotisations retenus mais non reversés.

S’y ajoutent des dépenses sans pièces justificatives, un emprunt contracté sans autorisation préalable de la tutelle, des dépassements de crédits, de fausses mises en concurrence et des contrats de prestations considérés comme injustifiés. Le rapport évoque aussi des violations des règles de passation et des délégations de service public effectuées en dehors des procédures légales.

En revanche, nous n’avons pas retenu de nom pour l’établissement public sous tutelle. Plusieurs organismes du secteur disposent de recettes propres, de redevances, de patrimoines immobiliers ou de services portuaires. Les indices disponibles orientent l’enquête, mais ils ne suffisent pas à éliminer toutes les hypothèses concurrentes.

Éducation : deux ministères identifiables, mais un établissement encore incertain

Le rapport regroupe six missions dans le secteur éducatif. Elles concernent deux départements ministériels, un établissement public et trois grands marchés relevant de l’un des départements. Le montant total audité s’élève à 1,392 milliard MRU. Les deux départements sont le ministère de l’Éducation et de la Réforme du système éducatif ainsi que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Cette identification découle de la répartition officielle des compétences : l’enseignement fondamental et secondaire relève du premier département, tandis que les universités, l’enseignement supérieur et les services universitaires relèvent du second. Les contrôles ont révélé des équipements payés mais non livrés, des travaux ou prestations non exécutés, des fournitures non conformes, des attestations administratives falsifiées et la sélection d’entreprises ne possédant pas les qualifications requises.

L’IGE a aussi constaté des spécifications techniques imprécises, des collusions au moment de certaines réceptions, des surfacturations, des fractionnements de dépenses, des ententes directes injustifiées, des contrats sans contrepartie et des recettes insuffisamment recouvrées. La question des fournitures scolaires rappelle notamment l’enquête menée en 2025 sur un marché de cartables destinés à la rentrée 2024-2025. Cette affaire avait conduit à la saisie d’une quantité importante de cartables présentés comme non conformes.

Selon le rapport, certains paiements ont été suspendus, des équipements non conformes n’ont pas été distribués, des marchés ont été résiliés et des cautions de bonne exécution ont été mobilisées. L’établissement public contrôlé n’est toutefois pas nommé dans notre enquête. Plusieurs indices semblent orienter vers un organisme chargé des œuvres universitaires, mais ils ne suffisent pas encore à exclure toutes les autres possibilités.

Hajj 2025 : les indices conduisent au ministère des Affaires islamiques

Dans le domaine socioculturel, une mission porte sur la sélection des bénéficiaires d’un service public, la gestion des recettes, les dépenses et les marchés liés à son organisation. Tout indique qu’il s’agit de l’organisation du Hajj 2025 par le ministère des Affaires islamiques et de l’Enseignement originel.

L’exercice contrôlé est 2025. L’accès au service passe par une procédure de sélection. Les bénéficiaires versent des sommes importantes et une régie d’avance intervient dans la gestion. Des marchés sont également conclus afin d’assurer l’organisation matérielle du service.

Le rapport précise que certaines personnes ont bénéficié de ce service en dehors du cadre légal. Il indique également qu’après l’inspection, des critères réglementaires d’accès ont été adoptés et qu’un compte destiné aux recettes a été ouvert au Trésor. À cela s’ajoute un élément extérieur au rapport : l’existence d’une enquête de l’IGE sur la gestion du Hajj 1446/2025 avait déjà été rendue publique.

L’IGE mentionne une dissipation de fonds publics, des prélèvements bancaires injustifiés, des avantages indus, une gestion défaillante des recettes, une régie d’avance non apurée, une entente directe irrégulière et des insuffisances dans le contrôle interne. L’année, la nature du service, la procédure de sélection, le mode de financement et les décisions prises après l’inspection forment ici un faisceau d’indices particulièrement cohérent.

Culture, jeunesse et sports : un compte commun avant sa réorganisation

La seconde mission classée dans le secteur socioculturel concerne la gestion d’un compte d’affectation spéciale. Le rapport évoque une commission technique chargée de superviser ce compte, des taux de répartition des ressources entre plusieurs activités, des dépenses engagées avant l’achèvement d’une délégation de signature et des opérations considérées comme non éligibles. Il précise également que des comptes d’affectation spéciale distincts ont ensuite été créés pour chacune des activités concernées. Ces éléments renvoient au secteur regroupant la culture, la jeunesse et les sports. Les documents budgétaires disponibles confirment l’existence d’un compte alimenté par des ressources destinées au financement de ces différentes activités.

Le ministère chargé de la Culture, de la Jeunesse et des Sports apparaît donc parmi les départements concernés par les missions de l’IGE.

Environnement : un département directement visé

La mission consacrée à la protection de l’environnement porte directement sur un département ministériel, pour l’exercice 2023. Le montant contrôlé s’élève à 238,981 millions MRU. Il s’agit du ministère chargé de l’Environnement et du Développement durable. L’IGE y relève des paiements sans contrepartie, des surfacturations, des dépenses de carburant non justifiées, ainsi que des faits qualifiés de trafic d’influence et d’abus de fonction dans l’attribution de contrats situés sous les seuils de passation.

Le rapport mentionne aussi de fausses mises en concurrence, des fractionnements de dépenses et un manque de transparence dans l’attribution des subventions. Parmi les recommandations figurent la réparation des préjudices constatés, le renforcement du contrôle interne et la définition de critères objectifs pour l’octroi des subventions.

Action sociale : les programmes d’activités génératrices de revenus comme indice central

Une mission a porté sur le secteur de la protection sociale pour les exercices 2022 et 2023. Le montant examiné atteint 265,326 millions MRU.

La description des activités conduit au ministère de l’Action sociale, de l’Enfance et de la Famille. Le rapport parle du financement d’activités génératrices de revenus, du placement de fonds auprès d’institutions de microfinance, de l’octroi d’avances aux bénéficiaires, du recouvrement des crédits et de la vérification de la solvabilité des organismes partenaires. Il recommande également la mise en place d’un système numérique permettant de suivre les appuis accordés.

L’IGE a constaté que des fonds publics avaient été placés auprès d’une institution de microfinance en difficulté, avant que celle-ci ne soit soumise à une procédure de liquidation. Elle a aussi relevé des travaux partiellement exécutés, une insuffisance des mesures prudentielles, l’ouverture de comptes bancaires en violation des règles de la comptabilité publique et des faiblesses dans le recouvrement des prêts. Ces constatations rejoignent certaines observations déjà formulées par la Cour des comptes sur les programmes d’activités génératrices de revenus et les relations du département avec des institutions de microfinance.

CNSS : le concours annulé permet de reconnaître l’établissement

Dans le secteur du travail, l’IGE a enquêté en 2024 sur une procédure de recrutement organisée par un établissement public. Les irrégularités décrites sont particulièrement graves : sélection non transparente du cabinet chargé d’organiser le concours, absence de mise en concurrence, non-respect de l’anonymat des copies et attribution de notes sans ouverture ni correction de certaines épreuves.

Le rapport fait aussi état de notes orales ne correspondant ni au barème ni aux critères préalablement établis, portant ainsi atteinte à l’égalité entre les candidats. L’IGE a demandé l’annulation de la procédure, la résiliation du contrat du bureau chargé du recrutement et l’adoption de mesures disciplinaires contre les membres de la commission. Ces recommandations ont ensuite été exécutées : le concours a été annulé, le contrat du prestataire résilié et une nouvelle procédure organisée. Les éléments renvoient à la Caisse nationale de sécurité sociale, la CNSS.

En août 2024, les résultats d’un recrutement organisé par cette institution avaient effectivement été annulés après une polémique sur le déroulement du concours. Une nouvelle sélection de 33 agents avait ensuite été organisée sous la supervision de la Commission nationale des concours. La concordance entre le secteur, l’année, les anomalies constatées, l’annulation et l’organisation d’un nouveau concours rend cette identification particulièrement solide.

STP : le transport urbain et les autobus ne laissent guère de place au doute

Dans le secteur du transport, l’IGE a évalué la performance d’un établissement public pour les exercices 2023 et 2024. Le rapport décrit un organisme chargé du transport urbain dans la capitale et exploitant une flotte d’autobus. Il parle également de voies réservées aux bus, de planification du réseau, de maintenance et de nettoyage des véhicules. Ces caractéristiques désignent la Société de transport public, la STP.

L’IGE a principalement relevé des retards dans la réalisation des infrastructures nécessaires au fonctionnement du dispositif, notamment les voies destinées à la circulation des autobus. Ces retards auraient affecté la qualité du service rendu aux usagers. Elle recommande d’accélérer les travaux routiers, d’améliorer l’organisation de l’exploitation, de renforcer le contrôle interne et d’adopter un véritable programme de maintenance et de nettoyage des véhicules.

Ce que notre enquête permet réellement d’établir

Au terme de cette confrontation, les structures suivantes peuvent être identifiées avec un degré de certitude élevé :

* Maaden Mauritanie ;
* le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire ;
* le ministère de la Santé ;
* la CAMEC ;
* le ministère de l’Élevage ;
* le Fonds pour la promotion du développement de l’élevage ;
* le ministère chargé des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires ;
* le ministère de l’Éducation et de la Réforme du système éducatif ;
* le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ;
* le ministère des Affaires islamiques et de l’Enseignement originel, au titre du Hajj 2025 ;
* le ministère chargé de la Culture, de la Jeunesse et des Sports ;
* le ministère chargé de l’Environnement et du Développement durable ;
* le ministère de l’Action sociale, de l’Enfance et de la Famille ;
* la Caisse nationale de sécurité sociale ;
* la Société de transport public.

Cette liste doit néanmoins être lue avec prudence.

Identifier une structure ne revient pas à lui attribuer toutes les irrégularités mentionnées dans son secteur. Lorsque plusieurs organismes ont été inspectés, l’IGE regroupe les montants et les constatations sans préciser systématiquement ce qui relève du ministère, de l’établissement sous tutelle ou du projet concerné. Le rapport ne permet pas davantage d’identifier les responsables individuels, les entreprises attributaires ou les bénéficiaires des marchés litigieux.

Notre enquête lève donc une partie de l’anonymat, mais elle ne peut remplacer les rapports particuliers de l’Inspection générale d’État.

Une transparence importante, mais encore incomplète

La publication de ce rapport constitue incontestablement une avancée. Pour la première fois, le public dispose d’une vue d’ensemble des missions réalisées, des montants examinés, des irrégularités détectées et de certaines mesures adoptées. Mais le choix de masquer systématiquement le nom des structures contrôlées réduit considérablement la portée de cet exercice.

Un ministère, un établissement public ou un projet financé par des ressources publiques n’est pas une donnée personnelle. Publier le nom d’une entité contrôlée ne signifie pas condamner l’ensemble de ses responsables ou de ses agents. Cela permettrait simplement aux citoyens, aux médias, au Parlement et aux institutions de contrôle de suivre l’application des recommandations et de vérifier si les anomalies ont réellement été corrigées.

Cette transparence protégerait également les organismes qui ne sont pas concernés. Lorsqu’un rapport parle anonymement de plusieurs structures dans un même secteur, la suspicion risque de s’étendre à toutes, y compris à celles auxquelles aucune irrégularité grave n’est reprochée. L’IGE annonce 20 cessations de fonction, trois mutations d’office et onze avertissements. Elle fait aussi état de deux dossiers transmis au parquet et de deux autres adressés à la Cour des comptes.

Mais le lecteur ne sait pas à quelles missions ni à quelles constatations ces décisions se rapportent. La question ne se limite donc plus au montant de l’argent public affecté. Il faut aussi savoir où les dysfonctionnements ont été constatés, quels mécanismes de contrôle ont échoué, quelles responsabilités ont été établies et quelles mesures ont réellement été exécutées.

La méthode du faisceau d’indices nous a permis d’identifier plusieurs structures avec un degré élevé de confiance. Elle a également montré ses limites : lorsque les informations n’étaient pas suffisamment concordantes, nous avons refusé de transformer une hypothèse en certitude. Il appartient désormais à l’Inspection générale d’État de confirmer officiellement l’identité des organismes inspectés, de ventiler les montants et les constatations par structure et de publier l’état d’exécution des recommandations.

Car la transparence ne consiste pas seulement à annoncer le montant global des irrégularités. Elle consiste aussi à permettre au citoyen de savoir où elles se sont produites, comment elles ont été traitées et ce que l’État compte faire pour empêcher qu’elles se répètent.

 

 

Souleymane Hountou Djigo

Journaliste, blogueur

Souleymane Hountou Djigo. Journaliste, blogueur

 

 

 

 

 

Peut être un graphique de texte qui dit ’RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE HONNEUR- FRATERNITÉ JUSTICE PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE INSPECTION GÉNÉRALE D'ÉTAT Août2026 Août 2026 d'Etat Générale Inspection RAPPORT ANNUEL D'ACTIVITÉS 2024- 2024-2025 - 2025 Août Août2026 2026’

 

 

 

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