Mauritanie : quand l’État transforme ses enseignants en suspects travailleurs

Depuis la réélection du président Ould Ghazouani, les Mauritaniens sont habitués à des scènes devenues banales contrastant avec la réalité d’hier. Aujourd’hui, beaucoup d’enseignants circulent à moto, en règle, pour se rendre à leurs classes.  Mais ils sont stoppés net par des barrages, sommés de payer, humiliés, parfois empêchés de poursuivre leur route.

Cette double peine des enseignants est considérée par les observateurs comme un racket organisé qui prospère sur la vulnérabilité des travailleurs de l’éducation. Ce sont des fonctionnaires, des contractuels, des vacataires, des éducateurs qui portent l’école mauritanienne à bout de bras. Et pourtant ils sont contrôlés abusivement par la police parfois rançonnés pour pouvoir simplement aller travailler. La moto n’est pas un choix de confort. C’est un outil de survie dans un pays où les transports publics sont insuffisants ou hors de prix et les affectations sont souvent éloignées du domicile. Ce qui se joue ici dépasse la moto. C’est une hypocrisie gouvernementale. Quand les enseignants doivent négocier leur droit à circuler, la modernisation de l’école devient un gadget. La contradiction est totale. Elle révèle que la réforme éducative  n’est pas un projet. C’est un slogan.

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 31 août 2026)

 

 

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