Mauritanie : MSF « profondément choquée » par une traversée fatale de migrants sur la route atlantique

AFP – Médecins Sans Frontières (MSF) s’est dit « profondément choquée (…) par un incident meurtrier survenu sur la route migratoire de l’Atlantique », au cours duquel au moins 144 personnes sont mortes ou portées disparues, selon un communiqué publié mercredi par l’ONG, qui est intervenue pour la prise en charge des survivants en Mauritanie.

Un total de 144 personnes sont mortes ou portées disparues en mer sur une embarcation partie de Gambie et secourue le 18 juillet « après avoir dérivé pendant près de 25 jours sur l’océan Atlantique », a annoncé mardi le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Des milliers de personnes originaires d’Afrique de l’Ouest, en majorité des jeunes, tentent depuis des années la migration clandestine depuis les côtes de leurs pays en empruntant la périlleuse route de l’Atlantique pour gagner l’Europe, principalement via l’archipel espagnol des Canaries, à bord d’embarcations surchargées et souvent vétustes.

« Il s’agit de l’un des débarquements les plus meurtriers auxquels les équipes de MSF ont assisté en Mauritanie depuis le début de l’année 2026 », a indiqué mercredi l’ONG, qui a appuyé trois interventions de débarquement, les 14 et 18 juillet, assistant au total à 387 personnes.

Sur les 190 personnes qui ont embarqué sur cette pirogue, « après 25 jours en mer, seules 38 personnes ont survécu », selon MSF.

Selon un communiqué de la garde-côte mauritanienne, « dans la soirée du vendredi 17 juillet dernier, (un) patrouilleur a réussi à localiser une embarcation transportant des migrants en situation irrégulière, qui se trouvait dans une situation extrêmement critique et risquait de couler d’un moment à l’autre ».

La garde-côte ne recense de son côté que 37 survivants.

MSF, qui est intervenue après le débarquement à Nouadhibou (nord-ouest), indique que « les personnes qui sont arrivées sur le rivage souffraient de chocs et de psychoses post-traumatiques, de fractures osseuses, de lésions traumatiques et **d’**hypothermie ».

« Les survivants ont décrit des conditions terrifiantes en mer ainsi que la perte de proches et d’autres passagers pendant la traversée. (…) La gravité des témoignages et l’ampleur des pertes en vies humaines ont également eu un impact psychologique important sur les équipes impliquées dans la réponse », poursuit le communiqué.

« Une des 38 survivantes prises en charge par MSF a déclaré avoir vu sa sœur mourir sous ses yeux. Personne ne devrait avoir à endurer une telle souffrance alors qu’il/elle est en quête de sécurité ou de dignité », raconte Fouzia Bara, responsable du programme migration de MSF.

Depuis le début de l’année 2026, 17 opérations de débarquement ont été enregistrées à Nouadhibou et Nouakchott, permettant de secourir 2.147 personnes, a indiqué mardi le HCR.

À la recherche d’un avenir meilleur et au péril de leur vie, de nombreux exilés africains sont forcés d’emprunter la voie clandestine, l’Europe ayant drastiquement restreint la délivrance de visas et contrôlant de plus en plus ses frontières.

Des milliers de personnes sont mortes ou ont disparu en tentant de rejoindre ainsi l’Europe ces dernières années.

AFP

Source : Le Soleil (Sénégal)

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