La Mauritanie ne manque pas d’institutions disposant de l’indépendance, des moyens et de la transparence nécessaires pour contrôler effectivement l’utilisation de l’argent public. La création en plus d’un observatoire dans un contexte de réforme des marchés publics, risque de chevaucher les missions déjà existantes.
Pour les observateurs, un observatoire qui accumulerait des statistiques sans permettre au citoyen, au journaliste, au parlementaire ou à la société civile d’identifier les anomalies de la commande publique serait insuffisant. Un marché peut être entièrement traité électroniquement sans que les données décisives soient facilement exploitables par le public. Ce qui veut dire que cette nouvelle institution devra observer aussi ce qui dérange. Autrement dit, le droit de regard du citoyen sur l’utilisation des ressources publiques, c’est-à-dire chaque ouguiya engagé dans un marché public puisse être suivi, du lancement de la procédure jusqu’à l’exécution définitive du contrat. Autre mesure importante. Une déclaration administrative qui ne débouche pas sur un contrôle efficace risque de devenir une formalité supplémentaire. L’Observatoire devrait servir les citoyens, pas seulement produire des rapports.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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