Mauritanie : les effets pervers de l’instrumentalisation des langues nationales

La visite cette semaine à Nouakchott du ministre de l’Education nationale à l’Institut national pour la promotion et l’enseignement des langues nationales, est considérée par les observateurs comme un outil de communication politique et de gestion des tensions intercommunautaires.

Cette instrumentalisation de la promotion des langues nationales donne l’image d’un État inclusif, sans toucher aux rapports de pouvoir linguistiques. En annonçant que l’enseignement des langues nationales (pulaar, soninké et ouolof) est un pilier fondamental pour atteindre l’école républicaine, le ministre de l’Education nationale fait de la stratégie de diversion derrière laquelle se cache la réforme du système éducatif qui exclut les écoliers non arabophones. La communauté négro-africaine concernée perçoit ces annonces comme des promesses creuses. L’absence de politique linguistique réelle entretient une perte de légitimité de l’Etat et une école républicaine à plusieurs vitesses. Tant que les langues nationales ne seront pas intégrées dans l’école, l’administration et les médias, la promotion restera un outil de communication, non un levier d’égalité citoyenne.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 15 avril 2026)

 

 

Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page