Mauritanie – Les députés de l’opposition rejettent les sanctions imposées à 2 députées et mettent en garde contre une crise constitutionnelle

Saharamedias – Les groupes parlementaires d’opposition en Mauritanie ont rejeté la décision de la présidence de l’Assemblée nationale visant à suspendre temporairement les députées Marieme Cheikh et Ghamou Achour, estimant qu’elle allait à l’encontre de la décision du Conseil constitutionnel et aggravait ce qu’ils ont qualifié de crise constitutionnelle et institutionnelle dans le pays.

Dans un communiqué commun publié lundi, les groupes et blocs d’opposition ont déclaré que la décision de la présidence du Parlement reconnaissait implicitement le maintien du statut de députées des deux femmes, car le fait de les soumettre à une procédure disciplinaire parlementaire signifie, selon le communiqué, qu’elles restent membres de l’Assemblée nationale.

Ils ont ajouté que les deux députées avaient auparavant été empêchées d’entrer dans le siège du Parlement, puis en avaient été expulsées de force, avant qu’une sanction disciplinaire ne soit prononcée à leur encontre en raison de leur présence au sein de l’institution législative, estimant que cela constituait « une tentative de contourner la décision du Conseil constitutionnel et de la vider de son sens ».

L’opposition a estimé que cette décision constituait un précédent portant atteinte à l’autorité des décisions du Conseil constitutionnel, au principe de la séparation des pouvoirs et à l’État de droit, mettant en garde contre ce qu’elle a qualifié de répercussions sur le fonctionnement des institutions constitutionnelles.

Les groupes et blocs parlementaires d’opposition ont exigé l’application immédiate de la décision du Conseil constitutionnel et que les deux députées puissent exercer leurs fonctions parlementaires sans restriction ni condition. Ils ont également tenu le régime au pouvoir et sa majorité parlementaire pour responsables de ce qu’ils ont qualifié de crise constitutionnelle et institutionnelle, et ont appelé les forces politiques, les défenseurs des droits de l’homme et la société civile à défendre la Constitution et l’État de droit.

Le communiqué a été signé par les députés du groupe « Tewassoul », du groupe « Amal Mauritanie », des blocs « Al-Sawab » et « Al-Aich Al-Mouchtarak », ainsi que par le député Mohamed Bouya Cheikh Mohamed Fadel.

Source : Saharamedias (Mauritanie) – Le 20 juillet 2026

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