Mauritanie : le secret autour du passif humanitaire comme continuité du déni

Dans un contexte de blocage du dialogue politique, une réunion secrète sur le passif humanitaire à Nouakchott n’est jamais un simple événement administratif. C’est la traduction que le coordinateur de Ould Ghazouani est en train de manœuvrer pour éviter cette question nationale majeure dans les débats à venir.

Pour les observateurs, cette réunion secrète sur un dossier aussi central à laquelle auraient participé les ayants droits sous la houlette du collectif des veuves et orphelins des 28 soldats assassinés en 1990 à la base militaire d’Inal, montre la persistance d’un tabou de l’Etat sur le passif humanitaire.La réapparition de l’ancien ministre des Finances Ousmane Kane dans cette négociation, est un nouveau signal de Ould Ghazouani qui a peur de la vérité d’identifier les responsables influents dans l’armée présumés criminels. En clair, le secret est devenu une méthode du président mauritanien qui préfère contrôler le récit plutôt que d’assumer une justice transitionnelle transparente. Les victimes sont ainsi instrumentalisées et la vérité historique confisquée. Cette retrouvaille secrète est une insulte à toutes ces victimes qui attendent vérité et justice depuis plus de 30 ans et une preuve en même temps que l’État refuse la transparence, condition essentielle de toute réconciliation. Tant que le passif humanitaire sera traité dans l’ombre, la Mauritanie restera prisonnière de son passé.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 15 mai 2026)

 

 

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