Les images de l’accueil chaleureux de Habib Sall, président du Mouvement des forces de libération africaine de Mauritanie (FLAM) à Nouakchott, ont circulé cette fin de semaine sur les réseaux sociaux sur fond de polémiques dans les milieux politiques et intellectuels.
En déclarant dès son arrivée à Nouakchott, le président ou du moins de ce qui reste du premier mouvement de libération africaine de Mauritanie que « leur lutte n’est pas une lutte de division et n’est pas dirigée contre aucune composante », campe le décor de son retour sur fond du drapeau de son mouvement. Un symbole d’une longue lutte qui est loin de se terminer. Ce retour réactive les lignes de fractures du mouvement qui traversent la société mauritanienne depuis des décennies. Les réseaux sociaux et les milieux intellectuels et politiques, laissent entendre pour certains que Ould Ghazouani aurait facilité ou accompagné ce retour alors que les FLAM étaient considérées historiquement comme un ennemi de l’Etat comme en témoignait déjà le retour en 2012 du premier chef historique du mouvement Samba Thiam, rentré à Nouakchott après plus de 27 ans d’exil aux Etats-Unis avant de créer son parti les FPC, incontournable sur la scène nationale. Et pour d’autres, le discours de son accueil sur la “dignité” et “l’unité” vise à élargir sa base. Pour les observateurs, c’est un test pour Ould Ghazouani. Habib Sall cherche à apparaître comme un acteur politique légitime, non comme une organisation radicale. Ce retour révèle à la fois une tentative de repositionnement du mouvement et une profonde crispation autour de l’unité nationale.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 27 avril 2026)
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