Mauritanie : le régime de Ould Ghazouani face à son propre déni

Vent debout des organisations mauritaniennes de la société civile pour la protection des femmes et des filles à la suite du viol d’une jeune fille à Toujounine à Nouakchott. Une pétition circule sur les réseaux sociaux pour l’adoption d’une loi contre les violences sexuelles.

Ce viol indigne les observateurs et l’opposition mauritanienne.C’est une bataille politique que le pouvoir veut éviter depuis 2019 en refusant de légiférer sur les violences faites aux femmes. Face à ce silence, une pétition des organisations de la société civile circule cette fin de semaine sur les réseaux sociaux pour l’adoption d’une loi contre les violences sexuelles. En Mauritanie, une femme violée peut être poursuivie pour Zina, concept juridique et religieux qui désigne toute relation sexuelle hors mariage si elle ne parvient pas à prouver le viol selon des critères quasi impossibles. Cette jurisprudence s’inspirant de la Charia est devenue un outil de contrôle social et un mécanisme institutionnel de criminalisation des femmes, en particulier des victimes de violences sexuelles. Cette pétition est un acte de rupture, de résistance politique que le pouvoir ne pourra plus ignorer. En demandant une loi, les signataires de la pétition exigent que l’État mauritanien cesse de considérer les femmes comme des citoyennes de seconde zone.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 12 septembre 2026)

 

 

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