Mauritanie : l’arbitraire comme mode de gouvernance fiscale

Incontestablement, la pratique administrative fiscale en Mauritanie souffre d’un double décalage entre la loi et son application d’une part et d’autre part entre les réformes annoncées et les comportements réels des services.

Les constats récents sur les services fiscaux montrent des dérives préoccupantes, notamment pour les petites entreprises et les contribuables ordinaires. Ce système opaque met en scène des interprétations variables d’un centre fiscal à l’autre et une absence de personnel aux heures de service, entraînant retards et incertitudes. Ces pratiques créent un environnement fiscal imprévisible. Les observateurs s’interrogent sur le paradoxe du guichet unique devait réduire les délais de création d’entreprise à 48–72 heures en raison de l’absence des représentants fiscaux, de la centralisation abusive des dossiers. Ces dysfonctionnements minent la crédibilité de l’administration fiscale et du climat des affaires en général. Cette situation n’est pas seulement le produit de comportements individuels mais d’une culture administrative verticale, peu orientée vers le service public, véritable talon d’Achille du gouvernement mauritanien. Le problème n’est pas la loi. C’est l’écart entre la loi et la pratique. Dans un pays tourné encore vers le passé, la réforme devrait être plus culturelle.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 20 juin 2026)

 

 

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