Mauritanie : un discours gouvernemental triomphaliste face à un système hospitalier en ruine

La réforme hospitalière qui commence cette fin de semaine à Nouakchott par des réunions du ministre de la Santé et du ministre de la Transformation numérique, risque de finir dans des rapports.

Ce sentiment des observateurs n’est pas une vue de l’esprit. Il s’agit d’un rituel classique qui empêche le gouvernement de voir les urgences saturées, des patients qui meurent faute de prise en charge rapide. La réalité des établissements hospitaliers parle d’elle-même. Les équipements des hôpitaux sont obsolètes ou hors service. L’absence de maintenance crève les yeux sans oublier les pannes récurrentes des blocs opératoires. L’Etat ne bouge pas face aux laboratoires sous-dotés et les pharmacies hospitalières sont dépendantes de ruptures de stock chroniques. Le gouvernement promet la modernisation qui ne vient pas depuis 2024. Le système sanitaire est en crise depuis longtemps. La réforme hospitalière ne peut pas réussir tant que les hôpitaux sont gérés comme des fiefs administratifs comme en témoignent les nominations et les affectations des directeurs hospitaliers. Pas étonnant que la réforme soit bloquée parce que le gouvernement a choisi la force contre les grévistes médecins et les retards de paiement de salaire plutôt que la concertation avec les syndicats. Le blocage fondamental de cette réforme c’est l’absence des patients, des syndicats, des associations, des usagers des services publics pour soigner les citoyens.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 08 août 2026)

 

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