
La route de l’Espoir, artère vitale du pays, a été coupée par les eaux à El Ghaïra. Ces inondations font craindre des catastrophes de l’année dernière.
Une fois de plus, ce sont les citoyens, pas l’État, qui ont dû sauver des passagers emportés par les crues. Cette scène qui risque de se répéter plusieurs fois cette année, n’est pas un accident. C’est le résultat d’années d’abandon, de sous‑investissements et d’improvisations des autorités de Nouakchott. Dans un pays où les routes se désensablent après chaque tempête et se coupent à chaque pluie, la gouvernance routière n’existe tout simplement pas. La route de l’Espoir n’est pas une route secondaire : c’est la colonne vertébrale du pays, reliant Nouakchott à l’intérieur (Boutilimit, Aleg, Kiffa, Aioun, Néma). Si une simple pluie peut couper la route, c’est que l’État n’a pas effectué son travail. Le paradoxe c’est qu’on entretient toujours les routes après les catastrophes, jamais avant. L’ETER, l’établissement chargé de l’entretien des routes, vit dans une logique de réparation permanente, pas de planification. La route de l’Espoir porte mal son nom. Elle est devenue la route du désespoir, symbole d’un État qui laisse ses citoyens se débrouiller seuls face aux catastrophes.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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