Les observateurs reviennent sur la visite d’Etat du président mauritanien à Paris avec en toile de fond l’accueil mitigé de la diaspora négro-africaine.
Pour les observateurs, ce n’est pas la visite d’Etat qui révolte une partie de la diaspora négro-africaine installée après les évènements de 89 entre le Sénégal et la Mauritanie. Mais c’est l’absence de reconnaissance des mémoires négro‑africaines dans le récit officiel. La diaspora n’est pas seulement ceux qui se sont empressés pour accueillir Ould Ghazouani sous la houlette du ministre des Domaines, des patrimoines de l’Etat et de la réforme foncière, issu de la vallée et qui a contribué à cet accueil chaleureux.
La visite de Paris agit comme un révélateur. Elle montre deux Mauritanies, celle que Paris célèbre comme un partenaire stratégique et celle que les diasporas négro‑africaines connaissent, faite de discriminations, de mémoires blessées et de luttes invisibles. Les observateurs s’opposent essentiellement au récit optimiste qui accompagne le déplacement de Ould Ghazouani. Cette visite met en lumière un paradoxe : plus la Mauritanie est valorisée comme partenaire sécuritaire, plus les diasporas subsahariennes dénoncent l’effacement de leurs réalités vécues. Cette division n’est pas conjoncturelle. Elle s’inscrit dans une longue histoire de rapports inégaux entre États sahéliens, populations négro‑africaines marginalisées, et politiques européennes de contrôle migratoire.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 17 avril 2026)
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