La réponse que vient de faire la majorité à la feuille de route du coordinateur du dialogue mentionne tout sauf le passif humanitaire. Pour les observateurs, l’État cherche à gagner du temps et à éviter la qualification juridique de ce dossier brûlant.
La majorité et ses alliés sont d’accord pour la mise en œuvre de la feuille de route du coordinateur du dialogue sur toutes les questions d’intérêt national sans mentionner le règlement du passif humanitaire, le talon d’Achille de Ould Ghazouani depuis 2019. Alors que pour l’opposition notamment la coalition pour l’alternance c’est un point non négociable. Ce point d’achoppement met en lumière un décalage profond entre les attentes des victimes des déportations de 89 et des veuves et orphelins des 28 soldats assassinés en 1990 à la base militaire d’Inal. Et la position de l’Etat qui cherche à éviter la qualification juridique de ces faits.
Les observateurs craignent une nouvelle feuille de route qui survolerait le passif humanitaire pour une réconciliation asymétrique toujours voulue par Ould Ghazouani, où les victimes doivent renoncer à la justice pour obtenir une reconnaissance minimale. L’État mobilise constamment l’argument de la cohésion nationale, la cohésion sociale, l’unité nationale, des thèmes favoris du pouvoir. Les victimes ne sont pas dans une logique de vengeance mais de réparation morale. Leur demande est simple : vérité, justice, sépulture. Contrairement aux dialogues précédents, Ould Ghazouani fait preuve de préparation pour son dernier mandat. Mais cela ne suffit pas pour une réforme plus large électorale.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 13 mars 2026)
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