La digitalisation des examens et concours envisagée par le gouvernement mauritanien est considérée par les observateurs comme une réforme qui touche à la fois la gouvernance, l’équité sociale, la modernisation administrative et la confiance citoyenne.
En Mauritanie, la fonction publique est un des secteurs où l’accès au numérique est le plus inégal avec en première ligne une fracture entre Nouakchott et les régions et où les inégalités d’accès au concours sont devenues monnaie courante, au lieu de les réduire. Contrairement à l’affichage du gouvernement, cette digitalisation ne garantit pas la transparence. Face à la puissance de la gouvernance des tribus, cette technologie moderne peut devenir un nouveau lieu de manipulation, simplement plus difficile à détecter. Dans un pays où l’infrastructure reste fragile, les pannes de serveurs, les coupures électriques et les cyberattaques sont loin d’être théoriques. La digitalisation des concours touche à un point sensible : la confiance dans l’État et dans la mobilité sociale. Ce vœu pieux peut devenir un levier de modernisation, si la digitalisation des examens et concours s’inscrit dans une réforme globale de la gouvernance.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 07 avril 2026)
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